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Publié le 23 Juillet 2020

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Je ne devrais pas avoir trop de mal à vous convaincre : Lectoure a du charme. Mieux, des charmes. Parmi lesquels celui de présenter à quelque distance, un profil photogénique dont les communicants de tous acabits usent pour illustrer leurs supports, logos, plaquettes, publicités, articles de presse et autres médiums. Organismes publics, clubs et associations, dans tous les secteurs d'activité, agriculture, art, tourisme, politique, sport... Lectoure se prête sans rechigner à ce rôle de ville-sandwich et d'estampille.

La silhouette est élancée et harmonieuse. Les traits révèlent un caractère bien trempé. Malgré l'âge, l'énergie transparaît. De la noblesse. Du chien boun diu ! Ajoutez à cela une écharpe de verdure pour être à la mode, un ciel bleu, quoique le noir d'un orage gascon lui donnera un air fantastique, un peu de rouge brique aux pommettes et le ton doré de sa pierre pour briller en public. Comme les top-modèles, la ville plaît et elle le sait.

Les plus anciens d'entre vous se souviennent de la campagne de l'élection présidentielle de 1981 où un certain candidat, qui finalement l'emportera, s'affichait sur fond d'un petit village typique de la France profonde, avec un slogan dédaignant les sempiternelles et ennuyeuses considérations de niveau d'emploi, d'impôts ou de relations internationales : "La force tranquille". Le publicitaire de génie, autoproclamé "fils de pub", Jacques Séguéla redonnait au clocher la place centrale dans la symbolique nationale. La suite des évènements sera autre chose.

Vous remarquerez que les villes bénéficiant, comme Lectoure, d'un relief avantageux font de ce caractère physique une signature : exemple Saint Bertrand-de-Comminges. Les autres devront choisir un seul monument, forcément réducteur même s'il est prestigieux, exemple Cahors, ou bien inventer un symbole supposé signifiant mais qui appellera un slogan d’accompagnement explicatif, exemple Biarritz.

 

Quant aux villes des Etats-Unis, toutes signent de l'ombre chinoise de leurs sky lines. Après un certain 11 septembre, New York a dû supprimer les twin towers. Reste la Liberté, ce qui n'est pas rien.

 

Mieux qu'un symbole donc, seul le logo de type "profil" a valeur de portrait, de photo d'identité, relativement fidèle et durable. La silhouette de Lectoure regroupe tout ce que l'on recherche et qui est nécessaire à la vie collective : une Histoire, un patrimoine, un élan, une relation sociale, une population rassemblée... Notre faubourg, les zones industrielles et commerciales, la campagne environnante sont évidemment induites. Chacun se reconnaît dans ce portrait du cœur de ville. Certes, la cathédrale joue un rôle majeur dans la composition. Elle superpose son profil caractéristique à la silhouette d'ensemble de la ville. Comme le nez de Cyrano, le cigare de Fidel Castro ou... les yeux de Lætitia Casta.

Allez, à tout seigneur tout honneur, je me dois de commencer par la ville elle-même. C'est simple, mémorisable, efficace. Il y manque peut-être une ouverture, un élan. Mais je ne voudrais pas provoquer un nouveau tsunami. Vous n'imaginez pas la difficulté qu'il y a à concevoir un logo et plus encore, à tenter de le rajeunir. Celui ci vieillit bien. Ne touchons à rien.

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Remontons un peu le temps. En 2009, le concert du bicentenaire de la mort du Maréchal Lannes offrait à l'équipe organisatrice l'occasion de choisir un fantastique cliché nocturne signé Pierre-Paul Feyte.

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L'Office de Tourisme de Gascogne-Lomagne, que la nouvelle législation de l'inter-communalité nous a conduit à partager avec les villes voisines, sait ce qu'il peut demander à ce paysage grandiose : faire d'une simple escapade, tout une aventure. Passons sur le bloc-marque affublé de façon injustifiable d'un horrible anglicisme...

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Le melon, on n'y coupe pas ! Il est une valeur sûre. Association réciproque d'images de marque. Notre fruit de l'été donne à Lectoure une saveur tout à fait spéciale. Le marché, la terrasse des bistrots, la gastronomie... Depuis la madeleine de Proust on sait que la mémoire d'un goût est puissamment évocatrice de sentiment, particulièrement d'affection.

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Depuis le coteau de la Mouline de Belin, les abeilles du Rucher de Lectoure jouissent également du panorama. Au point, lorsqu'elles sont en surnombre, de venir essaimer en ville, obligeant alors l'apiculteur à jouer les pompiers pour ramener ses ouailles à la campagne. Le miel de Laurent Duluc distille le parfum des vallons qui servent d'écrin à notre top-modèle.

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Une petite mention pour les meublés de Josette, que je ne connais pas, qui offrent à la fois, en inversant le point de vue, le profil de la cathédrale et la campagne environnante. Limité au cadre d'une fenêtre, mais plutôt réussi.

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Et notre palme du "Profil de pub" est attribuée à ... Lectoure à Voix Haute. Le logo de l'association tout d'abord, qui joue avec finesse sur la silhouette de la ville chapeautant la bulle façon BD. Une composition cependant moins lisible en réduction.

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L'affiche du festival 2020 ensuite, évidemment bousculé par ce fichu virus, mais joliment illustrée, de façon romantique et moderne à la fois. Une illustration très léchée et efficace pour suggérer le cadre privilégié de cet évènement culturel de qualité.

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Enfin, on ne pourra pas reprocher aux deux grandes marques lectouroises de ne pas avoir adopté notre profil de pub. Lip n'est pas né ici et communique très bien au tic-tac de ces trois lettres qui donnent l'heure au monde entier. Quant au Bleu de Lectoure, il habille également largement outre-Gascogne, d'un chic naturel dont la ville se voit attribuer en retour, à titre gracieux, la notoriété. Merci le Bleu.

                                                                        Alinéas                                                     
  

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PS.

Oups, un oubli ! Illustration empruntée au profil Facebook d'Arnauld Cabelguenne, pharmacie de la Mélisse. Pour un message d'importance. Superbe.

 

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Rédigé par ALINEAS

Publié dans #La vie des gens d'ici

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Publié le 30 Avril 2020

 

Il y a un an, jour pour jour, le Carnet d’Alinéas rendait hommage à Pertuzé, décédé cette semaine. Nous reproduisons aujourd'hui avec tristesse, ce texte et ces illustrations autour de Lectoure, un choix qu'il avait validé. A la suite de cette publication, nous avions programmé ensemble une rencontre qui lui faisait espérer revoir son pays. Son projet de livre sur ses "illustres" lectourois lui tenait également à cœur. Mais la Camarde s'en est mêlée. Le Lactorate Illustrateur les a rejoints. Désormais, nous le saluerons en passant devant la Croix-Rouge. Dans l'une de ses chroniques, il parlait de la mort, avec humour et poésie.

« Que je vous explique, si vous ne savez déjà. Le cimetière Saint-Gervais (comme son voisin disparu, donc, le dépotoir d’ordures ménagères) se trouve au nord de la cité, en haut du vallon du Saint-Jourdain. Le ruisseau de Saint-Jourdain, aujourd’hui paisible et bucolique, n’en est toujours pas moins géologique. Ses eaux discrètes et folâtres, bribe après bribe, emportent la terre, les brindilles, les poussières. Tout ce qui est en haut finit en bas, à une lenteur géologique. Il en va ainsi avec les locataires du cimetière, leur chair, leurs os, leurs cercueils, leurs monuments de marbre ou leurs croix de bois, et une bonne partie de ce qu’insouciants ils jetèrent au bourrier. Rien n'est plus bref qu'une concession à perpétuité. Lentement et inexorablement réduits à l’état de particules élémentaires. On a beau bâtir des murs de soutènement, bétonner, on ne remporte sur la Géologie que des victoires éphémères : on ne gagne qu’un peu de notre temps.

Le grand voyage est commencé. Attendez-vous (oui, il faut savoir attendre, c’est le prix de l’oubli) à être maintenant dans le temps géologique. On va descendre jusqu’au Saint-Jourdain, se laisser emporter par lui, et on aboutit au Gers, paisible rivière qui se jette dans la Garonne. Qui « se jette » ! Avec quelle impulsion soudaine, quel élan ? Restez calme et géologique. Ça prendra le temps qu’il faudra. Du grand fleuve majestueux, on naviguera ainsi en direction du soleil couchant, qui vous apparaîtra soudain dans toute sa gloire, nimbant le phare de Cordouan et vous ouvrant les portes de l’océan. Et le voyage ne sera pas fini pour autant ».

Grâce à ses deux talents, d’illustrateur et d’auteur, et par un minutieux travail de recherche et de documentation, il avait constitué un fonds précieux. Un réel patrimoine culturel. Peut-on espérer un aboutissement ? Ce serait le plus bel hommage à lui rendre.

Bon vent, l’ami. Adishatz.

Alinéas

 

PS. Pertuzé avait inauguré il y a quelques mois un nouveau blog http://lactorate.over-blog.com/2019/12/marquis.html où l’on retrouve un certain nombre de ses savoureux portraits.

Illustration : Autoportrait de Pertuzé sur Wikipédia. https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Claude_Pertuz%C3%A9

Portant son trait d'esprit au-delà de nos remparts comme d'autres livrent sur les marchés de France la rondeur parfumée de notre fruit fétiche ou le bleu de notre ciel, il ne met jamais sa ville natale dans sa poche, pas plus que son béret par dessus. Il est le Lactorate* illustrateur : Pertuzé de Lectoure.

Bon, je vais faire attention à ne pas tomber dans la flagornerie. Ayant quelques indices sur la composition du personnage, je crois qu'il n'apprécierait pas. Mais tout de même. Depuis 40 ans il est connu des fanas de BD, de beaux livres, des amateurs de coquineries et galipettes, des collectionneurs d'affiches, des lecteurs de la presse, (presque...) toutes opinions confondues, de directeurs de la communication et de publicitaires à la recherche de médias suscitant à la fois attention et sympathie, de formateurs fignolant leur boite à outils pédagogique... "Illustrateur en tous sens", c'est sa devise.

- Illustrateur, c'est un métier ça ?

Ce cher Wikipédia, que nous avons avec Pertuzé en parent commun, nous explique : "Une illustration est une représentation visuelle de nature graphique ou picturale  dont la fonction essentielle sert à amplifier, compléter, décrire ou prolonger un texte".

- Eh bé !!! On connaît des textes qui auraient mieux fait d'être des dessins tout de suite.

Enluminures, lettrines, gravures puis, de nos jours, profusion de photographie et de quadrichromie, de tout temps l'écriture a recherché le soutien de l'illustration. Qui parfois se révèle être plus puissante et emporte l'adhésion mieux que la phraséologie. Jusqu'à ce que certaines BD en perdent la bulle. Alors l'image se veut suffire et laisse toute latitude à l'imagination, y compris celle de se tromper sur l'intention de l'illustrateur.

Mais Pertuzé, lui, ne nous laisse pas trop gamberger sur le sens de ses dessins. Non seulement il sert efficacement le texte, mais de surcroît, lui-même écrit avec verve. Il faut lire sur son site, ses portraits de Lactorates(re*). Un régal de trouvailles, d'érudition et d'humour. Ce n'est pas une sanction, mais l'auteur-dessinateur y laisse suspendus à leurs cimaises les Illustres trop officiels de l'Hôtel de Ville, pour nous raconter la petite et la grande Histoire de ceux qui ont vraiment vécu à Lectoure.

jean françois Bladé ; pertuzé, contes de gascogne, gargantua

Auparavant, et c'est une de ses grandes œuvres, Pertuzé a illustré les Contes de Gascogne collectés par un autre lectourois célèbre, Jean-François Bladé, au 19ème siècle, in extremis avant qu'ils ne se perdent définitivement dans la nuit des temps rustiques.

Que seraient-ils devenus pour le grand public, sans la vista de notre illustrateur, ces récits de veillées et de "despouilladés", décorticages de maïs rassemblant tout le voisinage ? Seuls quelques gasconisants, les spécialistes de la culture populaire et les étudiants en sociologie et linguistique y trouveraient matière à recherche savante. Pertuzé a réalisé là, comme Bladé avant lui, non seulement un sauvetage de patrimoine culturel en danger, mais une belle œuvre graphique d'aventure fantastique. Si, comme le dit James Salter, "seul ce qui est écrit a réellement existé", seul ce qui est dessiné est vraiment toujours vivant.

Respectant le principe fondateur de ce cyber-carnet, nous avons sélectionné exclusivement des illustrations où Lectoure apparaît dans le décor, voire même dispute la vedette au scénario.

jean-claude pertuzé; béret

Pour le reste, il faudra arpenter les rayonnages des libraires et surtout ceux des bouquinistes, des Pyrénées à Garonne, sur les marchés aux livres toulousains de saint Pierre, saint Aubin, ou ceux de saint internet, car il se fait rare l'artiste. Sous son béret, il observe la planète s'exciter à tort et même à travers. Qu'en dessinera t-il ? Tous ses aficionados scrutent l'horizon pertuzéen. On vous préviendra.

Alinéas                                                

* " Les Lactorates étaient le peuple aquitain (proto-basque) dont la capitale était Lactora, l'actuelle ville de Lectoure". Encore Wiki.

PS. La flèche de la cathédrale qui pointe derrière Gargantua est parfaitement conforme à l'Histoire. Pertuzé a corrigé mon photomontage mal renseigné, sur cet alinéa-là:  On a retrouvé la flèche de la cathédrale !

 

 

 

pertuzé lectoure gide orage gascogne

Plein Ouest, vu depuis la route de Condom. Château, clocher du Saint Esprit, Cathédrale. Jolie perspective aux pieds de la ville, encadrée de peupliers. Pour l'ambiance: orage gascon en formation.

 

 

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Lectourois qui vous montez le cou, trop fiers de votre ville : « Votre ville, dites-vous, est antique et jolie, cela ne nous surprend pas, Lucifer l’a bâtie » dit Dastros, curé de Saint-Clar.

 

 

 

pertuzé, lectoure, andré gide, fontaine diane

1907. André Gide et ses deux amis, sous le charme de Diane. Comme quoi...

 

 

lectoure, pertuzé, duc de Montmorency, évasion, chateau des comtes d'armagnac

Aux pieds des remparts, l'évasion rocambolesque d'Henri de Montmorency, gouverneur du Languedoc en disgrâce. Au 17ème siècle, le château, s'il n'est plus comtal, est une place encore suffisamment forte pour faire office de geôle royale. Mais c'était compter sans la volonté d'une mystérieuse et dévouée marquise dont Pertuzé traque l'identité sur son site Lactorate.

 

 

 

pertuzé, alcée durrieux, lectoure, les veillées de lectoure, amoureux

Pertuzé, Maître graveur es-coquineries. Mais, me direz-vous: "Nous ne voyons pas Lectoure ici !". Si, si, la grange est bien de chez nous. Et nous connaissons toujours d'aussi belles girondes.

Illustration de La chouette, une nouvelle d'Alcée Durrieux, avocat, érudit, auteur en langue gasconne et autre figure locale, tout ce qu'il y a de plus respectable si vous en doutiez.

 

 

pertuzé, bladé, contes de gascogne, sabbat, lectoure

Beau panorama. Vu du Nord-Est. Vous pouvez vérifier, Pertuzé respecte la réalité historique. Sur votre carte IGN, tracez une ligne droite entre le clocher cathédral et la ferme du Bustet où se tient habituellement le sabbat. Ces deux innocentes, touchées par un malin sort, ont bien survolé la vallée du Saint Jourdain à cet endroit précis, entre les rochers de Cardés et la Mouline de Belin.

 

 

pertuzé, bladé, contes de gascogne, sorcière, curé, soutane, sabbat

Bladé l'avait rêvé, Pertuzé l'a dessiné.  Nous on l'a vu passer, l'abbé. Mais en Deuche. Et pas plus de 80 km/h !

 

pertuzé, bladé, contes de gascogne, lectoure, clarisses, carmel

Une très belle composition. Avec la rue Montebello perpendiculairement, je dirais: rue Soulès. Plus près du Carmel que des Clarisses. Mais on ne va pas ergoter, à un ponceau près.

 

 

pertuzé, bladé, lectoure, tour du bourreau

Et pour finir, la tour du Bourreau. Pertuzé a retrouvé le sinistre lactorate. Qui, à sa décharge, n'est qu'un exécuteur de sentence. Un second couteau, si j'ose dire...

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ILLUSTRATIONS : © Jean-Claude PERTUZE

Je remercie Jean-Claude Pertuzé pour son aimable autorisation.

Quatre illustrations reproduites sur cet alinéa sont extraites des "Contes de Gascogne", Pertuzé/Bladé aux Éditions Les Humanoïdes Associés.

Les autres se trouvent sur les sites pertuzéens dont nous vous recommandons la visite en tous sens:

http://www.pertuze.com/

http://www.pertuze.com/Lactorate.html

http://pertuze.tumblr.com/

Et pour le béret, il faut absolument parcourir cette incroyable mine de documents, d'humour, d'anecdotes à propos de notre couvre-chef gascon. In english please, as the author is from New-Zealand. Si nous faisions autant de bonne pub à ce joli et sympathique pays que ce blog en fait à la Gascogne, les all-black n'oseraient plus nous mettre la pâtée. En outre le béret du Lactorate illustrateur y figure. Alors...

http://beretandboina.blogspot.com/

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Rédigé par ALINEAS

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Publié le 3 Avril 2020

LECTOUROIS DE TOUT TEMPS

Lectoure Lectourois carte postale rue nationale

Quand ça val mal, il faut retrouver ses racines. Pas par nostalgie, ou crainte de l'avenir mais pour y puiser le meilleur. La ville de Lectoure a deux mille ans, des atouts et de beaux jours devant elle. Notre ami Bernard Comte nous a ouvert sa magnifique collection de cartes postales. Pour faire un choix, nous nous sommes intéressés à la vie quotidienne, aux personnages dans le décor. Les clichés datent des années 1900-1910. L'intérêt se concentre déjà rue Nationale. Quoique. En fait les choses n'ont pas beaucoup changé. Les costumes sont chics, les commerces actifs et... et la race Gasconne règne sur le foirail à bestiaux. Là, d'accord, devant notre médiatisé village de brocanteurs, le cliché paraîtra exotique. Mais regardez, on est bien "chez nous". Les Lectourois d'origine pourront reconnaître un aïeul faisant ses courses et, bien sûr, la causette en même temps. Néo-Lectourois, c'est à dire depuis les 100 dernières années, les autres remonteront le temps avec curiosité pour s'imaginer boire un verre au café de La Comédie ou prendre une douche aux bains publics. 

                                                                             Alinéas

 

Lectoure Lectourois carte postale Halle place Bladé

Déjà un banc public place Bladé, mais on pouvait aussi s'y garer. Qui on ? Le juge ? Le médecin ?

 

Lectoure Lectourois carte postale Bains publics

Les bains-douches, devant le Cours d'Armagnac. L'hygiène d'avant le confort individuel. Ma lectouroise préférée se souvient d'y être venue, naaannn pas avant guerre ! dans les années soixante. Un seul bain pour toute la famille ; les enfants d'abord, puis les femmes et pour finir, les hommes. On venait de dix kilomètres à la ronde !

 

Lectoure Lectourois carte postale marché aux bestiaux village de brocanteurs

La foire aux bestiaux, à l'emplacement actuel de la fontaine, devant notre château-hôpital-village des brocanteurs. Il devait bien y avoir quelque jardinier d'en ville pour ramasser les précieuses déjections, une fois les transactions réglées et le calme revenu ?

 

Lectoure Lectourois carte postale fontaine Diane Dandy

On vient encore prendre l'eau à la fontaine Diane. Ou faire son Dandy, canotier et col empesé.

 

Lectoure Lectourois carte postale Bastion

Le Bastion: le salon de plein air où l'on profite des premiers rayons de soleil au printemps et de la fraîcheur pendant les longues soirées d'été. Ces messieurs y commentent l'actualité locale et nationale. 

" - Alors, il va le faire tomber ce ministère, le père Clémenceau ?

- Pardi, quel caractère celui-là ! ".

 

Lectoure Lectourois carte postale statue maréchal Lannes école communale

Pendant ce temps, les garçons sortis de la Communale, en blouse et portant béret, prennent la pose aux pieds du Maréchal. Dont les lions glorieux sont placardés de réclame pour des alcools...

 

Lectoure Lectourois carte postale rue nationale café le Sénéchal

Au café La Comédie (emplacement de nos cinéma et salle de spectacle), on vous sert en tablier blanc, gilet et nœud papillon, s'il vous plaît !

 

Lectoure Lectourois carte postale Postes et télégraphes Office de Tourisme Sous Préfecture

A l'endroit de notre actuel Office de Tourisme, l'hôtel des "Postes et Télégraphes". A gauche, le portail de la Sous-Préfecture, placardé lui aussi.

 

Lectoure Lectourois carte postale Tour du Bourreau

Tour du bourreau. Il le fait exprès ce galapian de se poser dans le champ de vision du photographe ?

 

Lectoure Lectourois carte postale rue nationale Droguerie Barrieu

L'orange piquée de clous de girofles permettait de parfumer les logements bourgeois. D'où le lien avec la droguerie probablement.

 

Lectoure Lectourois carte postale rue nationale couvent Cordeliers Prison maison d'arrêt

Personnel carcéral, visiteurs au parloir des détenus ou simples figurants ? Porche des Cordeliers, le couvent faisant office de prison.

 

Lectoure Lectourois carte postale rue nationale alimentation Canouet

La rue du 14 juillet est très commerçante. Un restaurant, une boucherie, un couturier... et face à l'église Saint-Esprit, cette magnifique épicerie. Une "artère" très fréquentée car elle conduisait à la gare. Avec la valise ou le panier à provisions. Là-bas en bas à pied ? Eh oui.

 

Lectoure Lectourois carte postale remparts du sud ancienne gendarmerie

La légende de la carte postale dit : "Vieilles maisons sur les remparts". Certes. A droite, tout de même, le fil à linge est suspendu au mur du cantonnement, pour le moins exigu, de la gendarmerie de l'époque et qui y restera jusqu'aux années 70 !

 

Lectoure Lectourois carte postale rue nationale buggy voiture à cheval

Du beau monde en ville. Le buggy du marquis de Terraube ? Ou celui de l'amiral Boué de Lapeyrère monté depuis son domaine de Tulle ?

 

Lectoure Lectourois carte postale rue nationale marché cathédrale

L'affluence au marché du vendredi. Carte postale colorisée pour s'approcher du ciel de Gascogne et de la pierre dorée de la façade de Saint Gervais. Lectoure toujours.

 

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PS. Les Lectourois qui connaissent bien les lieux et nos amis historiens pardonneront nos approximations et légèretés. Cet alinéa n'est qu'une chronique, à but distractif pendant cet épisode de confinement. Il existe plusieurs ouvrages pour poursuivre le voyage dans le temps et relativiser nos difficultés actuelles :

- Deux siècles d'Histoire de Lectoure (1780-1980). Collectif.

- Lectoure à la Belle époque. Collectif.

Ces deux ouvrages sont (peut-être) encore disponibles à l'Office de Tourisme.

- Mémoires en images - Lectoure en Lomagne. Pierre Bèze.

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Rédigé par ALINEAS

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Publié le 2 Octobre 2019

C’EST UN POINT DE VUE !

 

Les réseaux sociaux, qui de façon abusive aujourd’hui s'identifient à l'opinion publique, dupliquent à l'infini, de notre ville les clichés, les selfies, les assiettes (g)astronomiques avant engloutissement, les chiens perdus, le candidat (malheureux) au plus joli marché de France sur TF1, la dernière façade chic relookée (bah, le laid vocabulaire) etc… Et votre serviteur lui-même plaide coupable pour avoir participé ici ou là, par la force du mouvement de foule, à ce tableau. Mais je me soigne.

Car les choses sont plus complexes. Et plus profondes. Veut-on voir à la pointe de notre promontoire un glorieux vestige de château médiéval ou bien l'innovation sociale qui lui a succédé, un hôpital-manufacture pour déshérités, ou encore la maternité qui a abrité la venue au monde de vieux(vieilles) lectourois(ses) que je connais ? Monument historique donc par ce fait même, aujourd’hui devenu village de brocanteurs pour chineurs en goguette. Incroyable mue, non ? A l’opposé de la citadelle, au faubourg, passé les remparts et la barbacane, un casino de jeux-salle de spectacle-brasserie. Eldorado populaire ou cheval de Troie des temps modernes ? Presque à portée de bombarde, un supermarché qui écrase, de son halo clinquant, la ville assoupie sous de discrets lampadaires. Enfin, aux quatre coins cardinaux, des silos céréaliers poussés là, en une nuit, comme des champignons. Tout cela est vrai. Mais incomplet.

A bien y regarder, vous verrez encore ici une cascade de géranium accrochée à un balcon de guingois, là un chat craintif qui traverse sur la pointe des coussinets une impasse négligée, un couple d’amoureux sous les marronniers, oui, oui, ça existe encore, les amoureux… Et les marronniers repoussent. Dieu merci.

Alors pour changer un peu des magazines de déco, voici des biais, des envers, des apartés qui font aussi partie du cadre. Sans chronologie ni ordre de préséance. Ils sont partiels, partialement légendés, pas exceptionnels sans doute. D’ailleurs j’aurais très bien pu les garder secrets. Mais j’ai préféré les partager avec vous. C’est mon point de vue. Je peux?

                                                                           ALINEAS

 

PS. Pour agrandir: clic droit sur la photo et [afficher l'image].

 

Photo Lectoure Gascogne Gers Cimetière Sénégalais

Non merci, surtout pas d'éclairage public ici, même super économique grâce à la technologie led non, non, non... Laissez dormir en paix, sous les cyprès bienveillants, les âmes du cimetière des Tirailleurs sénégalais.

 

Photo Lectoure Gascogne Gers

Tout n'est pas vendu. Tout n'est pas passé à la télé. En cherchant bien, derrière certains portillons entrebâillés, il reste des espaces de liberté, des poèmes... On dirait que la ville ne veut pas se donner, pas tout de suite. Pas totalement.

 

 

Photo Lectoure Gascogne Gers

Lectoure brûle t-il ? Le feu à la Halle ? Et à la Croix rouge ? Pas de panique : cheminées de refroidissement de la centrale nucléaire de Golfech, à 30km au nord-ouest tout de même.

 

Photo Lectoure Gascogne Gers Ruelles

Allure de Quasimodo. Les ruelles de la vieille ville sont parfois un peu inquiétantes...

 

Photo Lectoure Gascogne Gers Citadelle Armagnac

Souvent magnifiée par le soleil sur sa pierre dorée, ce jour-là la fière capitale d'Armagnac faisait grise mine. Citadelle fantomatique.

 

Photo Lectoure Gascogne Gers Cathedrale Cul de lampe

Moi aussi j'ai un point de vue... sur les fidèles le dimanche (porte latérale), sur le marché du vendredi, les lycéens les jours de la semaine, sur la police municipale qui dresse les PV rue Nationale... Ça a beaucoup changé depuis mon installation ici, en cul-de-lampe du clocher cathédral.

 

Photo Lectoure Gascogne Gers

Moche fenestrou, jolie jardinière.

 

Photo Lectoure Gascogne Gers

Il n'y en a pas que pour la citadelle ! Lever de soleil sur le faubourg, avec le boulevard Banel en enfilade. Un petit air d'Andalousie non ?

 

Photo Lectoure Gascogne Gers

Les amoureux qui s’bécotent sur un figuier, un figuier, un figuier... (air connu). Parking de Sardac.

 

Photo Lectoure Gascogne Gers Carmel

Pas un chat. Pas un touriste. Pas un lectourois non plus. Eventuellement une none en train de passer du cloître au jardin du Carmel, à l'abri des regards grâce à la jalousie du ponceau, en haut dans la pénombre. L'esprit de la rue Soulès.

 

Photo Lectoure Gascogne Gers Marechal Lannes

L'enfant du pays, sans l'écho de la bataille, sans les honneurs. Juste un rayon de soleil sous les platanes.

 

Photo Lectoure Gascogne Gers Silo

- Chacun installe son silo où il veut !

- Oui, c'est un point de vue.

 

Photo Lectoure Gascogne Gers Saint Gény Lip RN21

Une petite chapelle bucolique et isolée ? Perspective trompeuse. Bordée par la route Nationale 21 et son trafic, à la limite de la zone industrielle, modeste mais tout de même, sous les feux et les vivats du stade municipal, vis-à-vis du siège social de Lip s'il vous plaît... l'antique emplacement de la première église de Lectoure au Xième siècle abrite tant bien que mal, le sarcophage de Saint Gény (IIIième siècle).

 

Photo Lectoure Gascogne Gers

Voilà, c'est toujours comme ça. On est victime de son succès: la lumière du ciel de Gascogne, de la belle ouvrage, du sentiment... et puis c'est l'affluence, les curieux, les plaisantins, les piafs. Alors il a fallu limiter les accès.

 

Photos © Michel Salanié

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Rédigé par ALINEAS

Publié dans #La vie des gens d'ici

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Publié le 29 Juillet 2019

 

campagne gascogne lectoure agriculture agriculteur nature travail des champs théâtre

 

 

 

 

 

vec son clocher cathédral, ses hôtels particuliers, ses people, Lectoure voudrait nous faire croire qu'elle est plus ville que campagne, plus spirituelle que naturelle.

Mais il suffit de faire le tour des remparts pour mesurer combien la citadelle est cernée par la ruralité. Chaque ruelle perpendiculaire à l'axe commerçant est une loge sur un théâtre rustique. Au pied de jardinets et de cimetières disposés en gradins, la scène est ouverte. Le programme est agreste, vivifiant et renouvelé au fil des quatre saisons.

Il faut rendre hommage à la troupe qui ne se lasse pas de redonner son répertoire, bien que le public soit souvent distrait et, parfois même, ingrat.

Si, heureusement, la mécanisation a facilité le travail de la terre, la pièce que nous joue l'agriculteur lectourois n'a rien de léger. Voici un tableau fabuleux et pourtant réaliste où la puissance du rôle est à l'égal de la beauté du décor.

Oui, un balcon sur la campagne gasconne, une grande scène, assurément.

                                                                                                                  Alinéas

 

PS. Les photos ont été prises depuis les rues de Lectoure, depuis le  bastion de l'hôpital, les marronniers, la croix rouge, les boulevards du Nord et du Midi, les cimetières du St Esprit et de St Gervais, le chemin de la Boère, Cardès (oui c'est vrai, c'est le théâtre d'en face, il y avait relâche à Lectoure). Et la dernière, prise sur les planches, depuis le hameau des Ruisseaux.

© Michel Salanié

 

campagne gascogne - lectoure - agriculture - agriculteur - nature - travail des champs - théâtre rustique

 

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Et enfin, à l'inverse, la scène lectouroise vue par l'acteur, depuis "les planches", en regardant vers "le paradis".

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Rédigé par ALINEAS

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Publié le 30 Mai 2019

De DÉTROİT à BANGKOK

...en passant par la Rue Nationale.

 

Autrefois le carnet intime restait discrètement glissé dans le tiroir de l’écritoire, avant de passer, avec le temps, dans une malle au grenier, au mieux remontant à la lumière quelques années plus tard, à l’occasion d’un grand ménage, d’un héritage ou de travaux de rénovation de la toiture. Carnet de dessin des jeunes aristocrates du Grand Tour au 18ème, journal de jeune fille timide ou calepin de vieux soldat fatigué de ses batailles, parfois glorieuses, souvent inutiles, livre de main du commerçant, souvenirs, pensées, poèmes et autres tentatives littéraires. Des quantités de carnets ont ainsi été tenus avec minutie et passion. Nombreux sont ceux restés inachevés. Beaucoup ont finalement disparu. Quelques-uns ont fait le bonheur d’un descendant ou d’un chineur. Les plus précieux sont édités ou muséifiés : les aquarelles de Delacroix au Maroc, le journal d’Anne Franck, Ceux de 14 de Maurice Genevois…

 

Aujourd’hui, le carnet se tient sur internet. Évidemment vous me direz : « Bonjour l’intimité ! ».  Mais chacun fait comme il veut. Rien n’interdit de rester déconnecté. Et, fin du fin, pour le plaisir de l’écriture « à la main », on pourra préférer, même à l’ère cybernétique, le chic d’un Moleskine logé dans la poche du veston, compagnon discret des moments de réflexion sur soi-même.

J’ai cependant choisi de vous présenter, sur ce Carnet d’alinéas précisément, trois de ces journaux d’aujourd’hui, visibles sur la toile, à l’autre bout de la planète, instantanément, par la magie de ce nouveau sésame qu’est le moteur de recherche. C’est au hasard de la rédaction de mes chroniques tous azimuts dans les domaines aussi variés que l’histoire, la botanique ou les beaux-arts, que j’ai découvert ces trois blogs (je concède exceptionnellement l’emploi du terme puisque mes consœurs françaises, deux blogueuses sur trois, ne répugnent pas à l’emploi de cet horrible substantif anglais) aux noms très personnels : Gersicotti-Gersicotta, Donohuecompostelle et EloditHello.

 

Gersicotti-Gersicotta - un nom bien zébuloné - existe depuis plus de dix ans. En soi, c’est déjà remarquable dans un monde où la persévérance n’est pas la principale qualité. Sylvie Legrand, gersoise d’adoption, publie ses photos, au gré de ses balades, accompagnées de quelques récits, informations et commentaires. Lectoure y a sa place. Il faut fouiller ;

Vue depuis Terraube, Lectoure coiffée des platanes de la RN 21 aux Gallis. La colorisation un brin "impressioniste" ne nuit pas à l'exceptionnelle profondeur de champ de l'image.

 

il y a des clichés très intéressants et, visiblement, Sylvie a fait des progrès depuis ses débuts. Je trouve qu’elle pourrait être plus sélective et travailler le texte. Près de 1500 amis sur facebook tout de même ! Ah oui, il faut le préciser, un blog qui n’a pas sa page sur facebook (c’est encore mon cas, je fais mon discret) n’atteindra pas le public le plus large. Et c’est une des caractéristiques du carnet sur internet : vouloir être vu précisément ; liké (aimé), partagé (communiqué à d’autres), buzzé (faisant parler)… Fini, le secret de l’écritoire. Autres temps, autres mœurs.

Je veux féliciter cette grande blogueuse, pour sa capacité d’autodérision. Sylvie reproduit par exemple intégralement, bien aimablement je trouve, une critique, par une certaine revue J’aime pas et j'critique tout, de ses sujets sur les champs de tournesols, il est vrai relativement récurrents : « Encore des articles sur les tournesols ? Il est temps que madame Gersicotta se renouvelle… Que nenni, elle s’obstine malgré tout prétextant égoïstement qu'ici elle fait ce qu'elle veut comme elle veut et que si elle a envie de poster 200 articles sur les tournesols alors elle le fera au nom de sa liberté d'expression artistique ». Même pas vexée Sylvie. Allez, tiens, à titre de soutien, voilà ma contribution à la folie des tournesols, profil lectourois en prime, que mon cyber-carnet avait pourtant jusqu’ici évitée. « Tiens bon, Sylvie ».

 

Donohuecompostelle lui, comme son nom l'indique, est un blog pèlerin. Ellen et son amie Molly, américaines de Détroit, état du Michigan, ont marché du Puy-en-Velay à Saint-Jean-Pied-de-Port de 2013 à 2018. Je ne suis pas sûr qu’elles aient été particulièrement motivées spirituellement mais… il faut de tout pour faire un grand chemin. Saint Jacques leur pardonne.

Ellen et Molly sont donc passées à Lectoure en octobre 2014.

 

Nous ne commenterons pas les compliments adressés à la Mouline de Belin. Merci, c’est gentil. Plus drôle est le récit de leur circuit dans notre bonne ville. Arrivées assez tôt à la maison d’hôtes, avec 33 kilomètres dans les sabots tout de même, nos deux copines sont allées faire un petit tour Rue Nationale. Enchaînant deux bistrots, dont le célèbre café des Sports (strange eighties European discoteque decor). Et donc deux bières chacune...

Menu pèlerin à Estaing.

Revenues à la maison, comme elles ne nous ont pas avertis : menu pèlerin comme d’habitude, et donc apéro et vin compris… Nous les trouvions un peu bizarres. La conversation était un peu débridée. Nous avons pensé, naïfs que nous sommes, que la faute en revenait à notre mauvaise expression en anglais. En fait, l’explication nous est apparue, quelques semaines plus tard. Confession sur internet. « So four drinks total, but I guess these days that’s a lot for me. I remember laughing really hard about something, but I can’t think of what it was right now. It’s making me cringe a little to remember it, though, because we were the only  two people there and the owners were hovering nearby, serving us dinner and making convo, and there I was obviously on a hard buzz. I kept running up to the bathroom in my room and Molly complemented my good kidney function ».

 

- Allez les filles, merci, nice to welcome you in Lectoure et hips....ultreia !

 

Enfin, le troisième de ces blogs, EloditHello, a ma préférence. Et pourtant il n’y est pas question de Lectoure ! Oui, mais il est rédigé par une lectouroise, Elodie Chapelle, ingénieure packaging, expatriée depuis 2014 en Thaïlande. J’ai découvert ce blog par hasard via Google car, il y a quelques mois encore, il portait le nom de Lectoure-Bangkok. Essayez, vous verrez, la recherche aboutit toujours. Alors pourquoi changer de nom ? Eh bien, se justifie notre blogueuse, parce que le thaïlandais moyen ne situait pas très bien…

- Franchement, Elodie, c’est pas sympa. Si vous autres dans les postes avancés, vous mettez votre drapeau gascon dans la poche, comment on fait nous, dans la citadelle ? Oui, je sais, tu as quand même parlé du melon. C'est bien le minimum.

Elodie, entre ses deux dauphines. La fille aux cheveux courts. Un style quelque peu commenté en pays thaï, nous dit-elle...

 

Allez, on ne t’en veut pas. Il est vraiment très chouette ce blog.

Je vous invite à aller y faire un tour. Vous verrez, Elodie fait des balades fantastiques, dans des pays merveilleux, Chine, Inde, Népal, Iran… Les photos sont bluffantes. Sportive, joyeuse, curieuse. C’est une jeunesse qui fait vraiment plaisir à voir.

- Adishatz Elodie. Reviens-nous, quand même !

______________________________

 

- Alors, qu'en pensez-vous ? Sympa le blog, hein ? Et il aurait fallu le laisser à l’ombre ? Dans le secret de l’écritoire ?

                                                                                ALINEAS

 

http://www.gersicottigersicotta.fr/

https://donohuecompostelle.wordpress.com/tag/lectoure/

https://elodithello.com/

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Rédigé par ALINEAS

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Publié le 31 Octobre 2018

Ô charmante Lectouroise...

 

 

Le 3 mai 1901, dans les colonnes du journal lectourois Le Démocrate, "Organe d'action républicaine", paraît une chronique (reproduite intégralement ci-dessous) dont l'auteur, qui signe des initiales A.R.C, déclare sans ambages, sa fougue à la femme lectouroise : maman, nounou, ouvrière, jeune fille, fillette même.

Et la grisette.

Très en vogue à l'époque, la grisette est une jeune employée d'un atelier de couture, drapière, boutonnière ou passementière, chargée de porter à domicile le travail commandé par les maisons bourgeoises. D'origine modeste, son surnom lui vient de sa tenue d'un gris discret, et d'une coupe stricte. Malgré cela, sa profession l'expose au regard de l'homme, dans la rue et à domicile et, parfois tentée, coquette comme il est naturel à cet âge, la demoiselle est réputée accueillante sans être vénale. On ne la confond pas avec la lorette, qui elle, fait sans complexe commerce de ses charmes. Elle est proche par contre, du caractère de la midinette, jeune fille sentimentale qui apporte son casse-croute pour pouvoir déjeuner à la pose sur les terrasses des boulevards, où le galant, riche de préférence, passera "par hasard". Eh oui, midi...dinette.

La grisette et ses sœurs, ayant existé ou fantasmées, ont donné naissance à une incroyable galerie de personnages de romans, de théâtre, de chanson, de gravures, de cartes-postales. Les auteurs, médiocres ou de premier ordre comme Musset, Balzac et plus près de nous, Brassens dans sa magnifique Supplique pour être enterré sur la plage de Sète, ont célébré ces Mimi-Pinson. Montand lui, aime flâner sur les grands boulevards où l'on a des chances d'apercevoir deux yeux angéliques que l'on suit jusqu'à République.

Revenons sur notre Bastion et nos Marronniers. Notre chroniqueur rêve t-il ou bien les grisettes étaient suffisamment nombreuses et coquettes dans une ville certes bourgeoise mais provinciale pour le moins ? Alors, dans son élan d'affection, pour n'en décevoir aucune, il associe à l'ouvrière toutes les jeunes femmes, du peuple et de la classe élevée, qui forment, au pied du clocher, devant le grand héros sur son socle dressé, en face du panorama unique au monde des Pyrénées aux sommets de neige, un tableau idyllique, démocratique, ensoleillé et chantant. Ce doit être un optimiste. C'est aussi le style de l'époque. Pompeux.

Mais il y a les petits détails d'ambiance bien de chez nous. Par exemple, il est fait remarquer très sérieusement que nos bons employés municipaux pourraient bien sans trop de peine s'ingénier à faire reverdir la pelouse du Bastion trop foulée hélas par des pieds irrespectueux. Il faut bien que la chronique fasse passer des messages "d'action républicaine" !

Comparée aux dépêches d'aujourd'hui, comptes-rendus à minima et photos en rang d'oignon (nos amis-es correspondants-tes ne m'en voudront pas qui appliquent la consigne éditoriale), au moins cette chronique-là s'engage, s'implique et se risque. En 1901, apparemment quelques mauvais esprits dénigrent la ville injustement. On dit beaucoup de mal de Lectoure. On y trouve la vie éteinte, le mouvement commercial à peu près nul, peu de plaisirs. Grâce à la grisette et à toutes les jolies filles faisant office d'icônes, de faire-valoir touristiques, bref de décor, le chroniqueur peut affirmer que notre petite ville en vaut bien d'autres, qu'elle a ses charmes et sa gaité, et que ses enfants qui en disent du mal sont des ingrats. Une piste à suivre par notre Office de Tourisme intercommunal s'il était en mal d'outils d'action et de communication promotionnels.

 

Le banc public, observatoire privilégié de l'amateur de grisettes.

En plaisantant ainsi, je prends le risque de me voir épinglé aux fourches patibulaires de la morale de notre temps. Le temps médiatique au moins. Bien sûr, il serait totalement critiquable et inimaginable de publier aujourd'hui pareille chronique, disons "galante" pour rester dans le registre sociologique ou psychologique. Il faut y voir un phénomène historique et garder de la distance par rapport à notre vision contemporaine des relations humaines et amoureuses. Ne pas refaire l'Histoire à coups de #balancetonporc.

Si nous cautionnons totalement la lutte contre les violences faites aux femmes - qui ne doit pas être celle des femmes contre les hommes mais bien celle de la société toute entière, de sa justice et de son système éducatif - nous savons depuis que le monde est monde, que la séduction et le regard sur la beauté font, heureusement et définitivement, partie de la nature humaine. Il faut aussi défendre ce Bastion-là.                                                          ALINEAS

 

PS. Nous devons la découverte de cette perle journalistique locale à notre ami Bernard Comte. Je partage avec lui l'amour de Lectoure, l'intérêt pour les vieux papiers... et un faible pour la grisette. Nos compagnes nous pardonnent.

Commentaire manuscrit bien dans le ton de la coupure de presse !

CREDIT :

- Cartes postales : collection particulière.

- Illustration : Mademoiselle Mimi Pinson d'Alfred de Musset. Gallica BNF.

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Rédigé par ALINEAS

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Publié le 11 Octobre 2018

Depuis les Jardins méridionaux jusqu’à Pébéret, de Tané aux Ruisseaux, les contreforts de la citadelle de Lectoure étaient, il n’y a pas si longtemps, constellés de petites constructions multicolores. Telle bicoque à l’ombre d’un grand cèdre, qu’une mamie d’en ville rejoignait à la fraîche en poussant sa brouette, pour bichonner glaïeuls, fraises et asperges. Et cette autre maisonnette croquignole résonnant encore de la faux qui couchait, à la rosée, un carré de luzerne. Plus discret enfin, un cabanon  sans chevillette ni bobinette, où l’on a compté fleurette tous les printemps de la jeunesse, après avoir tiré derrière soi, l’air de rien, la porte bringuebalante.

 

Quelques-unes de ces positions avancées outre-muraille résistent encore dans certains havres que, de tout temps,  le dénivelé a protégé de l’envahisseur et nous les tairons encore pour ne pas les trahir. Pour toutes les autres, c’est la mort lente. Ou le bull.

 

La petite cabane est une espèce en voie disparition.

 

Mon titre est-il trop racoleur ? Non, je ne suis pas nostalgique. C’est un constat, c’est tout. Il suffit de regarder nos albums photo de famille ou une collection de cartes postales pour estimer ces trésors de peu, disparus de nos faubourgs et de nos campagnes. Le sujet n’intéresse pas l’INSEE et c’est bien dommage, car on y apprendrait beaucoup sur le mode de vie d’avant… d’avant … allez d’avant l’agriculture intensive et mécanisée, d’avant les supermarchés, d’avant les jeudis devenus des mercredis.

 

 

 

Disons tout d’abord, foin de standard, qu’il n’y avait pas une mais autant de cabanes, de plans et de méthodes de construction, que de jardiniers, de paysans, de bricoleurs, de scouts, de moitié-fadas et de misanthropes. Montée en briques, bricolée de planches non équarries, en tôle ondulée, en branchages, en terre crue chez nos voisins du pays de Gaure et, à Lectoure, bâtie dans les règles de l’art maçon, de belle pierre de taille dorée, au profil dissymétrique, chapeautée de tuiles canal bien ordonnées, modèle réduit de la grange fermière gasconne traditionnelle, ou fignolée façon petite folie kitch, la "campagne" d’un bourgeois en manque d’espace et de lumière derrière les remparts et respectant religieusement la cérémonie du pique-nique du dimanche, quand le vin, le fromage et les pêches au sirop étaient descendus au frais, sous un linge, dans un panier au fond du puits.

Mais aujourd’hui on ne pique-nique plus à 500 mètres de la maison, du frigo, de la télé et du barbeuc ! Il y a des aires accessibles en voiture pour cela. Les jardins de mamies, eux, se font rares. C’est vrai qu’au prix du kilo de petits pois congelés, il faut être obstiné pour les semer soi-même. Et je ne parle pas de la ringardise du flirt enfantin. Un bon SMS et zou !

 

Attention, des cabanes on en voit encore. Chez Casto, y a tout ce qu’il faut. En kit. On peut même vous la livrer toute assemblée. Option Massachusetts ou Caraïbes, en douglas de Scandinavie. Garantie étanchéité. Ces chalets et autres HLL se cachent au fond des jardinets de ville, oui, sympas je ne dis pas, qui cependant ne font pas partie du paysage et en tout cas ne sont accueillants ni aux poètes en goguette ni aux oiseaux de nuit.

Et puis, il y a LA cabane d’aujourd’hui, cabane dans les arbres, yourte, bungalow d’architecte, éco-lodge, maison du Hobbit… Des merveilles je le reconnais, mais à quel prix et pour quel usage : soirée spa en amoureux, anniversaire de mariage, expérience exotique, au moins une fois dans sa vie… Aujourd’hui, la cabane de mon enfance s’appelle « hébergement insolite » ! Insolite, insolite ?...

 

Non j’insiste, la petite cabane d’autrefois disparaît de notre environnement. Victime du changement de notre mode de vie, de l’inexorable avancée de la ville, victime du temps qui n’est plus que de l’argent. Comme disparaissent d’autres plaisirs gratuits, marcher pieds nus dans les champs et les sous bois, grimper dans les cerisiers du voisin au retour de l’école, se baigner impromptu. Rideau.

 

La cabane est aujourd’hui objet de musée. Ou décor de cinéma : celle de Les enfants du marais pour les bons sentiments, celle du garde forestier de Lady Chaterley pour la sensualité, et puis la préférée des enfants que nous sommes restés au fond, la cabane de la bande à Petit Gibus.

 

« Ils réaliseraient leur volonté : leur personnalité naissait de cet acte fait par eux et pour eux. Ils auraient une maison, un palais, une forteresse, un temple, un panthéon, où ils seraient chez eux, où les parents, le maître d’école et le curé, grands contre-carreurs de projets, ne mettraient pas le nez, où ils pourraient faire en toute tranquillité ce qu’on leur défendait à l’église, en classe et dans la famille, savoir : se tenir mal, se mettre pieds nus ou en manches de chemise, ou « à poil », allumer du feu, faire cuire des pommes de terre, fumer de la viorne et surtout cacher les boutons et les armes.»

                                Louis PERGAUD. La guerre des boutons.

 

- C’est décidé. Je vais construire une cabane.

- Et pour quoi faire, Alinéas ? Mais t’es trop vieux !

- Raison de plus. Il n’est jamais trop tard pour faire une petite folie.

                                                                ALINEAS

 

Un petit paradis pour jardinier ou poète. Ou les deux.

 

En 2007...
 
... et la même aujourd'hui...

 

... sans maquillage.

 

J'ai l'impression que je gêne non ?

 

Submergée.

 

Sur les remparts, cagibis et coquets belvédères ne se parlent pas...

 

Ici, le temps s'est arrêté.

 

Lequel tient l'autre ?

 

Maître corbeau en son verger.

 

Là, le bulldozer ne doit pas être très loin...

 

Cabane au fond du jardin disait le chanteur ?

 

Il n'y a plus qu'à s'aligner.

 

Non ? En voilà une qui a même la télé !...

Crédit :

- Image tirée du film d'Yves Robert La guerre des boutons.

- Photos M. Salanié

 

 

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Publié le 10 Septembre 2018

Une fois n’est pas coutume : foin de ma littérature. Je vous invite simplement à cliquer sur le lien ci-dessous, qui vous conduira en deux temps (patienter quelques secondes), si la technique ne nous joue pas quelque entourloupe, sur une belle photo de Lectoure, publiée sur un site de relations entre lectourois, un truc un peu fourre-tout, du style café-du-commerce mais très sympa. La preuve.

Cliquer ici

Photo difficile à reproduire puisqu’elle est prise depuis une montgolfière. Banal pour les lectourois quoique... mais qui intéressera nos lecteurs éloignés.

Il paraît qu’un proverbe chinois dit qu’une image vaut dix mille mots. Je me limiterai – je ne peux pas m’en empêcher – à vous donner rapidement quelques pistes de lecture.

  • Vue caractéristique du paysage agreste de notre pays de Lomagne.
  • La photo est prise du Sud-Ouest vers le Nord-Est, c'est-à-dire pour les pèlerins "Retour à la maison", vers Le-Puy-en-Velay : Castet-Arrouy, Miradoux, Saint-Antoine, Auvillar, et la Garonne, frontière entre Gascogne et Quercy…
  • La ville rassemblée autour de sa cathédrale emblématique. Cité médiévale, en bas à gauche. Faubourg, en arrière-plan.
  • Et dans son petit vallon frais, à la cime des cyprès du cimetière Saint Gervais, au premier tiers gauche, La Mouline de Belin.

                                                          ALINEAS

PS: Petit clin d’œil à Karen et Ed qui nous suivent depuis Sacramento (Californie) et qui ont osé cette navigation pour fêter…. les 80 berges d’Edward ! Qui a dit « La jeunesse est un état d’esprit » ?

La photo publiée sur Tu es lectourois si... est de Jean-Pierre Tauziede.

Ci-dessus photo Montgolfières de Gascogne. Voir le lien ci-contre avec d'autres magnifiques vues de Lectoure et de ses environs.  

 

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