beaux arts

Publié le 4 Mars 2026

fondation sauvergarde art français lectoure

Merci à toutes celles et tous ceux qui ont voté pour ce tableau qui sera donc rénové. Cette belle initiative, que le carnet d'alinéas a eu plaisir à relayer, a mobilisé largement à Lectoure, dans la région et au-delà et finalement a emporté les suffrages du public en région Occitanie.   

La cathédrale de Lectoure qui dressait encore au 18ième siècle sa flèche jusqu'à 80 mètres dans le paysage, dans la perspective entre saint Gervais et saint Protais, restera le témoignage précieux de l'histoire de notre ville.

Pour plus de détails sur les résultats de cette compétition sur toute la France suivre le lien vers le site de la fondation de la Sauvegarde de l'Art Français :

Lectoure Lauréat pour la région Occitanie

 

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Rédigé par ALINEAS

Publié dans #Beaux arts

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Publié le 18 Février 2026

flèche clocher église cathédrale lectoure

On nous pardonnera le sacrilège d'avoir recadré, et quelque peu retouché en informatique, ce tableau qui est conservé dans une chapelle de la cathédrale de Lectoure, en focalisant sur le premier plan et de fait en délaissant, flottant au-dessus des nuées célestes, la vierge Marie et l'enfant Jésus. Leur présence divine est évidente, éternelle et souveraine.

Car, bien que prosaïque, avec ce recadrage, notre intention est louable : mettre en évidence le détail qui apparaît à l'horizon, la flèche du clocher de Lectoure qui culminait au 18ième siècle à près de 80 mètres, l'une des plus hautes de France à l'époque.

L'association Orgues et Patrimoine de Lectoure participe, et ce carnet soutient cette action, à un concours organisé par la fondation Allianz et celle de la Sauvegarde de l'Art Français. En votant pour ce tableau jusqu'au 22 février - lien internet à suivre en fin de cette publication - vous permettrez à cette belle initiative d'obtenir la somme nécessaire à la rénovation d'une œuvre importante pour l'histoire de notre ville.

Qui sont donc ces personnages qui encadrent la perspective lectouroise ? Gervais et Protais, auxquels notre église cathédrale est consacrée, sont deux adolescents martyrs des débuts de l'ère chrétienne. Leur histoire relève essentiellement de l'ouvrage hagiographique, c'est-à-dire romanesque, de Jacques de Voragine, du 13ième siècle, La légende dorée de l'histoire de la Lombardie, qui relate la terrible persécution des premiers chrétiens vivant sous le joug romain puis celui des Ostrogoths occupant le nord de l'Italie au 6ième et 7ième siècles. Les père et mère des deux adolescents, qui chaperonnent et précèdent leur progéniture sur le tableau dans la relation avec les cieux, saint Vital de Ravenne et Sainte Valérie de Milan eux-mêmes ont été martyrisés au 1er siècle de notre ère, sous le règne du sinistre Néron. Sainte famille. A la suite de leurs parents, pour avoir refusé de sacrifier aux dieux païens, Gervais sera battu à mort et Protais décapité. L'iconographie de cette histoire, à laquelle participe le tableau lectourois, est particulièrement abondante. La légende étant imprécise sur ce point, et sans doute pour mettre en valeur la pleine conscience de leur foi ou éviter la représentation de l'horreur du crime envers de jeunes êtres, comme aujourd'hui le floutage des photos d'enfants sur les réseaux, les deux saints sont souvent représentés adultes.

martyrs chrétiens gers gascogne
Le martyr de Gervais et Protais par Alfredo Cifariello (1986)

 

Les deux martyrs sont très populaires au Moyen-Âge et à la Renaissance. Plus de soixante églises leur sont consacrées en France parmi lesquelles à titre d'exemple, celle situé dans le 4ième arrondissement de Paris, l'une des plus belles de la capitale dit-on, entre le Marais et Notre-Dame. Gervasio et Protasio sont également abondamment célébrés en Italie bien sûr, en Espagne et sur le nouveau continent, au Brésil, au Canada...

églises saint Gervais saint protais
San Trovaso (mot-valise du dialecte vénitien), située à côté d'un chantier de construction de gondoles à Venise

 

Le tableau dont nous vous proposons de soutenir la rénovation a été peint depuis l'Est de Lectoure, supposons à l'intersection de la RN 21 et du chemin de Compostelle. Il est la seule représentation d'époque de la flèche de Lectoure, rabattue avant la Révolution car elle menaçait de s'effondrer, la faute à un orage dit-on et plus sûrement à son poids sur un sous-sol instable. Pertuzé et Alinéas se sont également essayés à représenter cet exceptionnel monument par des montages photos. Le vallon de Foissin, autrefois de Saint-Jourdain, souvent évoqué sur ce carnet et cadre bucolique de la maison d'hôtes de la Mouline de Belin, est tout-à-fait bien positionné sur cette œuvre pieuse. Bien que modestement intégrée à la scène allégorique, cette vue paysagère est un exemple de l'importance de la géographie du site dans l'histoire et dans la communication de notre ville souvent évoquée sur ce blog ( voir Le profil de Lectoure dans la communication ).

ruisseau de Foissin, ruisseau de saint Jourdain Lectoure

Votre suffrage sera la contribution précieuse à la mémoire des lieux et nous vous en remercions chaleureusement.

Plus que quelques heures.

VOTEZ AVANT DIMANCHE MINUIT !

La procédure est très rapide et sans engagement. Suivez ce lien.

JE VOTE POUR LE TABLEAU DE LECTOURE

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Rédigé par ALINEAS

Publié dans #Beaux arts

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Publié le 7 Février 2026

Lectoure occupe une place privilégiée dans l'histoire de la photographie: invention de la photographie en couleur par Ducos du Hauron, festival Eté photographique initié par François Saint-Pierre, Centre d'art et de photographie...

Photogénique, cheminant entre Antiquité, Renaissance et modernité, entre nature et urbanité, esthète sans trop d'affectation, éclectique, aimable mais fière parce que gasconne, noble et paysanne à la fois, depuis l'invention de l'instrument à capter le réel, la ville s'adonne spontanément à l'art photographique. 

Voilà un portrait psychologique anthropomorphe de la cité que l'on pourrait tout aussi bien appliquer à l'un de ses enfants en particulier, Léo Barbé, disparu en 2013, photographe.

 

Léo Barbé

Photographe et beaucoup plus. Érudit, longtemps secrétaire de la Société Archéologique et Historique du Gers, Léo Barbé est l'auteur de dizaines de publications dans les domaines aussi variés que l'histoire locale, l'architecture, la géologie et la spéléologie, la paléontologie, la biologie, la numismatique, la symbolique des pierres funéraires, l'histoire de la pharmacie, la meunerie... Issu d'une ancienne famille de meuniers, fils de pharmacien, après avoir entamé des études d'agronomie, bien que tenté par la biologie qu'il pratiquera de fait au cours de ses recherches, il reprend, sans doute en 1946, le laboratoire photographique de Pascal Tartanac au n° 80 de la rue Nationale. Il participe aux fouilles de Pradoulin, à l'époque de l'installation du stade et de la coopérative agricole, travaux qui ont mis en lumière la Lactora gallo-romaine, et à celles menées par Elie Ducasse, un autre érudit Lectourois et son ami, sur le plateau de Navère où affleurent les vestiges d'un cimetière datant de l'époque des invasions barbares. On lui doit la salle de la Pharmacie ancienne, annexe du musée archéologique Eugène-Camoreyt, ainsi que le musée d'Art sacré de la cathédrale. Léo Barbé a fondé et longtemps animé le Spéléo-Club de Gascogne. Joignant à sa passion de la biologie ce qu'il faut considérer, au-delà du sens artistique ou sportif, comme deux techniques scientifiques, photographie et spéléologie, il a contribué à étudier les chiroptères (chauves-souris) et les crustacés des cavités de Gascogne dont certains portent désormais officiellement son nom, en tant qu'« auteur » selon la terminologie scientifique, c'est à dire découvreur.

Niphargus vandeli Barbé, 1961. Une crevette des grottes ariégoises.

 

La grande salle du plus grand réseau souterrain du Gers à Bazian, 1.435 mètres de galeries près de Vic-Fezensac, est baptisée salle Léo-Barbé. La liste des contributions scientifiques du personnage n'en finirait pas.

Racé, un brin dandy, plein d'humour, il était une figure de notre ville. Sorti des longues heures passées dans le noir de son laboratoire pour développer photos d'identité, de mariage et tous autres sujets prosaïquement imposés qui font le pain quotidien du commerçant, il enregistre pour le plaisir et avec un sens artistique sûr, la vie autour de lui, du paysage à la macrophotographie. Il nous laisse un reportage sur une époque lectouroise révolue, estampillée " noir et blanc ", intermède élégant et poétique dans une histoire de l'art soumise à la prégnance parfois tape-à-l’œil de la couleur. Amoureux de la nature et du vivant, il aménageait l'intérieur familial en studio de prise de vue pour mettre en scène, au grand amusement de ses enfants, et se demandera-t-on celui de son épouse, batraciens, insectes et autres sujets d'étude lucifuges, c'est à dire fuyant la lumière et qui seront soumis pour la cause au traumatisme du flash, prélevés dans les cavités de La Romieu ou de Tané. Primé pour une photo de sa mère prenant le soleil au dessus des toits, caractéristique de la vie lectouroise, épicurienne et bourgeoise à la fois, Léo gagne un voilier qui lui permettra de robinsonner en famille autour des îles d'Hyères, échappée idyllique outre Gascogne, pour entretenir dans le regard de l'artiste son ouverture d'esprit, sa curiosité et sa jeunesse. 

Comme souvent les passionnés, Léo Barbé ne prenait pas le temps de rassembler les photographies qu'il confiait sans compter aux institutions auxquelles il collaborait et à ses relations. Plongé dans l'instantané, sans doute n'avait-il pas conscience de l'intérêt de la somme. Son œuvre étant hétérogène et dispersée par conséquent, sauf en matière de spéléologie qui a fait l'objet d'un ouvrage (Spéléologie en Gascogne - accessible ici), la signature de Léo Barbé apparaît toutefois toujours aujourd'hui au gré des recherches des amateurs et des chercheurs sur les bases de données scientifiques et historiques. Sa contribution à la mémoire de son époque et de son pays lectourois est précieuse et mérite a minima notre hommage et sur ce carnet le plaisir de vous la faire partager.

                                                                            Alinéas

 

GRANDE SALLE DU SINAÏ - LA ROMIEU. Qui peut imaginer en randonnant paisiblement sur nos chemins pèlerins ou villageois, ou bien l'agriculteur affairé en alignant sur le terreau de surface les semis de sa prochaine récolte, que notre sous-sol est truffé de vides où " la main de l'homme n'a jamais mis les pieds "? La formule est de Léo.

 

LECTOURE VUE DEPUIS SAINT-GÉNY. Angle de prise de vue classique. Mais se souvient-on que dans les années 50, la Lomagne n'est pas couverte de blés ou de tournesols à perte de vue ? L'élevage bovin domine. Les prairies et les haies bocagères rythment le paysage et la fenaison les saisons. Jusqu'aux portes de la ville.

 

BLAZIERT. En photographie, un espace vide a du sens; paradoxalement, alors que le photographe recule, l'à-plat grandit le sujet. Posé sur cette ligne d'horizon que les arbres définissent, le joli village de Blaziert se rassemble et s'élève. Un cadrage serré l'eut modéré, Léo l'exhausse. Les collines de Gascogne sont riches de ces envols.

 

FLAMARENS. De nombreuses photos de Léo Barbé documentent le patrimoine architectural régional. Ce cliché du château de Flamarens est à rapprocher des prises de vue récentes du bâtiment magnifiquement restauré et qui a retrouvé il y a peu, sur la tour maîtresse, son toit en poivrière. La ruine est romantique mais la fin de l'histoire n'est jamais sure.

 

LE DÉPART DES CONCURRENTS DU CONCOURS DE PÊCHE À LA LIGNE. Document amusant mais également d'un certain intérêt sociologique. La pêche à la ligne est un sport important après-guerre où les loisirs sont rares et où la maîtresse de maison ne dédaigne pas de varier les menus. Etant données les tenues relativement couvertes, on proposera de dater ce cliché de la foire de la saint Martin. Léo Barbé est sorti précipitamment de son commerce, que l'on distingue sur le trottoir de gauche sur la photo, pour saisir l'évènement sur le vif. La troupe descendra en bon ordre au Gers à pieds. Le retour se fera en ordre dispersé sans doute, en raison du dénivelé, et des résultats plus ou moins positifs de l'exercice...

 

AU STADE. L'après-guerre marque le développement des activités sportives et, avec lui, la libération du corps de la femme et son image. Lectoure s'est doté d'équipements répondant aux aspirations de sa jeunesse. On distingue le fronton de pelote basque en arrière-plan. Le geste sculptural est capté idéalement par un effet de contre-plongée.

 

VOLLEY DIVIN. Au vu du relief, peut-être s'agit-il des sœurs de La Providence, dans leur jardin conventuel du plateau de Lamarque, des religieuses aujourd'hui en costume civil. Cependant les circonstances de la prise de vue n'ont pas été mémorisées par Léo Barbé. Le "cliché", au sens figuré, des ordres monastiques rigides et tristes est remisé. Encore une photo typique de l'évolution des mœurs sur la deuxième moitié du 20ième siècle. Composition... céleste.

 

LA LISEUSE. Au cœur de la ville, dans la maison où elle est née, portrait de Germaine Ricau, mère de Léo, épouse du pharmacien Barbé dont l'officine est située en face de la halle, un commerce qui existait encore à cet emplacement il y a peu. Sans doute y a-t-il eu mise en scène. La composition est très étudiée et la maîtrise de la lumière parfaite. Une page du journal fait office de pare-soleil. Ce n'est peut-être pas une fantaisie mais un geste familier car le chapeau de paille pour le jardin ou la promenade doit être resté accroché dans le vestibule au rez-de-chaussée. Rue Nationale on vit à l'étage et côté cour.

 

CLAUDINE, FILLE DU PHOTOGRAPHE. Même pièce d'intérieur que précédemment, sous la pluie cette fois. Prise de vue rapprochée et légèrement décalée à gauche, ce qui permet d'intégrer la silhouette du clocher de l'église du Saint-Esprit. Ambiance intimiste. Et toujours un beau contrejour.

 

JACQUES, LE FILS. Fauteuil art déco, lampe années 50. Prise de vue en contre-plongée pour accentuer la position d'équilibre et le geste d'effort. L'apprenti lecteur fera t-il le bon choix dans cette bibliothèque richement étagée ?

 

QUEL DÉLAOUATZ ! ( Quel déluge ! en argot local ). "La pluie fait des claquettes sur le trottoir à minuit" chantait Claude Nougaro. La photo de Léo Barbé prise rue Nationale aurait fait une jolie pochette de 45 tours yéyé (comprenne qui pourra). On imagine le photographe à l'abri de son pas-de-porte commerçant, encourageant le modèle, Louise son épouse, à prendre malgré tout la pose...

 

UNE FILLE DANS LE VENT. Autre opportunité pour l'artiste, autre instantané, la nature, gasconne ou peut-être méditerranéenne ici pour le couple photographe-modèle en goguette, se prête bien à la photo d'ambiance ou de charme. Voilà une composition originale où un rideau de prudes graminées opalines et un mâle cyprès rivalisent d'empressement autour du sujet qui les ignore, tout à son mentor.

________________________

Photos : © Succession Léo Barbé

Je remercie Jacques, Sylvie et Claudine, ses enfants, de m'avoir autorisé à publier ces photos qui restent leur propriété exclusive ainsi que pour m'avoir communiqué les détails de sa biographie et les anecdotes qui mettent en valeur le caractère original de Léo Barbé.

Photo de Niphargus vandeli Barbé : www.insecte.org

 

 

 

 

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Rédigé par ALINEAS

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Publié le 10 Février 2025

PATIENTE PASSANTE

The patient passerby

(version en anglais)

 

Partir

 

E croyais qu’elle avait disparu. Disparue ma Gascogne. La Gascogne d’avant les quatre voies qui filent fébrilement vers les mégalopoles. Sans doute, derrière les volets clos, les écrans cathodiques brillent-ils mieux que son ciel. Un ciel cependant géant, accoudé sur un balustre de Pyrénées. Et magnanime, "que voulez-vous y faire ?". On ne joue plus dans la rue à la nuit tombée. On ne joue plus du tout dans la rue. Il n’y a plus de bonbons à deux sous chez l’épicière. Il n’y a plus d’épicerie. Il faut vivre avec son temps et ma Gascogne s’est perdue. On ne retient pas un enfant qui a décidé de partir découvrir le monde. C’est la vie.

C'est la vie oui, mais la terre est la terre. Elle se souvient et n’attend qu’une occasion de raconter son histoire, par petites touches, aux passants patients. Il faut être patient pour entendre le soupir du pays profond. Les passants patients sont rares ? Tant mieux. Sinon les vieux conteurs qui n’aiment pas l’agitation s’en retourneraient maugréer au coin du feu. Le chat aussi qui a filé sous le portail. D’ailleurs les souvenirs n’ont pas besoin d’être entendus pour exister. Il me suffit de regarder le dernier soleil décliner sur le mur galeux où le lierre et la rose se parlan, comme on disait autrefois de deux jeunes gens qui fréquentaient.

Sallie Erichson fait partie de ces quelques passants patients qui écoutent la terre parler. Qui savent que ce chemin sans apprêt a la noblesse de la discrétion et la valeur du peu. Qui devinent que cet abandon veut vivre. Les photos de Sallie m’ont rassuré. Tout est bien là. La porte de guingois, le tas de bois rangé sous l’appentis. Le viel arbre tordu au milieu. Alors l’enfant prodigue reviendra. Il n’a pas trouvé mieux dit le poète chanteur.

Comme Sallie, il faut venir d’un ailleurs total, et invraisemblable vu d'ici, pour distinguer le trésor que nous, nous ne voyons plus, mais qui dort bien là, devant le pas-de-porte. Distinguer l’accord de la glaise originelle, ciselée et agencée par la façon immémoriale, avec la feuillaison récoltée parcimonieusement, et puis la lumière qui ne nous est pas comptée. Il y a dans son regard tendre une musique, un adagio du Nouveau Monde qui reviendrait sur ses pas.

Je ne saurais pas vous dire mieux de ma Gascogne que Sallie.

                                                                      Alinéas

 

Sallie Erichson est américaine, version côte ouest. Etat de Virginie. Etudes de piano au conservatoire de Shenandoah-Winchester (promotion 1971). A travaillé chez les éditeurs de musique, RCA Red Seal à New-York et Sony Classical à Hambourg. Auteure des photographies des artistes édités par Sony Vivarte Series de musique ancienne. Installée à Lagarde-Fimarcon en 1995 avec son mari Wolf Erichson († 2019), très réputé producteur de disques. Organise des stages de piano. Gîte rural. Photos sur facebook et flickr. Courriel : chapellerose@gmail.com

 

maison gasconne
Paradis

 

jardin abandonné gascogne
Le jardin secret

 

galerie cornière gascogne bastide
Changement de saison

 

Condom baïse
Rive gauche

 

vieilles réclames gascogne gers
C'est tout droit !

 

moulin de la mothe - pont barrage - lectoure
La forêt enchantée

 

interieur ancien gascogne
Le parfait

 

pas de porte gascogne
La porte du sculpteur

 

marsolan chenin de saint jacques
Marsolan - Bretelle nord-ouest

 

marsolan grand rue
Marsolan - Grand-rue

 

village gascogne nocturne
Marsolan - Crépuscule

 

gascogne ruine à rénover
La porte dorée

 

gascogne porte bleu de lectoure
Envie de rien faire

 

Un amour véritable

 

Inspiration

 

Le bois est rentré

 

gascogne lomagne orage
Avant l'orage

 

J'aurais tant aimé vous rencontrer plus tôt mademoiselle...

 

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Rédigé par ALINEAS

Publié dans #Beaux arts

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Publié le 22 Juillet 2024

libellule - demoiselle - odonate - lectoure - gers - gascogne - agrion de mercure

Le carnet d'alinéas a déjà dit son admiration pour la libellule et sa cousine la demoiselle voir ici. Mais voilà qu'une photographe, amateure de talent, nous ramène sur la berge du ruisseau de Foissin pour la reprise saisonnière du ballet gracieux dont on se lasse pas, espérant surprendre l'Agrion de Mercure, rare et discrète danseuse étoile de la qualité de notre environnement, à deux pas de la ville.

 

 

La photographe, Torunn, Norvégienne, est une fidèle amie de la Mouline de Belin. Dans les années 80, entre Vendée et Lectoure, elle chaperonnait deux gamines venues en vacances chez leurs grands-parents, Odette et André. Son prénom la prédestinait pour cette mission de confiance, car il procède du dieu scandinave Thor, idole protectrice mais impitoyable avec les géants qui menacent les dieux... et par extension tous les êtres auxquels nous tenons. Depuis, elle n'a cessé de revenir chez nous, à intervalle, amoureuse des panoramas de la citadelle, de la fontaine Diane, aimant flâner dans notre rue commerçante, prétendument Nationale mais toutefois très exotique pour un regard hyperboréen. Et cette année à nouveau, pour un safari délicat.

Du 5 au 13 octobre prochains, Torunn exposera ses photos dans sa ville de Drøbak, sur le fjord d'Oslo. Notre gracieux insecte gascon y trouvera t-il une cimaise où se poser ? Ce serait alors... "Une demoiselle venue du sud" !

 

L'occasion est trop belle pour Alinéas de quitter un instant notre petit - si, si, il faut être lucide - univers gascon : Torunn nous invite dans son pays, l'un des plus beaux du monde. Magie des grands espaces où semble parfois glisser dans le brouillard l'ombre d'un drakkar.

                                                                                  Alinéas

Aurore boréale à Singsås, Trøndelag

 

Compagnie de mouettes "à l'affut"

 

Le mont Hummelfjell au sud de Røros

 

Séchage de Poissons à Henningsvær, îles Lofoten

 

Sortland, archipel des Vesterålen

 

Pleine lune sur Drøbak

 

Les sirenes de Drøbak, sculpture de Reidar Finsrud

 

Les îles Lofoten

Pour apprécier plus encore le pays de Torunn, deux options : y aller, tentant non ?... ou lire la saga médiévale Kristin Lavransdatter. Les forêts, les montagnes et les fjords majestueux de Scandinavie et leur histoire ne pouvaient pas ne pas inspirer une belle plume. Ce fut Sigrid Undset dont les écrits décrivant la vie nordique au Moyen Âge et réputés pour dessiner d'émouvants portraits de femmes, victimes ou forts caractères, lui ont valu le prix Nobel de littérature en 1928.

" Au fond de la vallée, les ombres plus épaisses faisaient déjà régner le crépuscule sur les terres brunes et nues ; cependant l'air de cette soirée de printemps paraissait saturé de lumière. Les premières étoiles scintillaient, humides et blanches, dans le ciel, là où le vert glauque du couchant se fondait peu à peu avec le bleu sombre de la nuit.
Mais au dessus de la ligne noire des montagnes, de l'autre côté de la vallée, trainait encore un liséré de lumière jaune dont le reflet éclairait la paroi de rocher escarpée qui surplombait la route. Et tout en haut, ce même reflet faisait briller les crêtes neigeuses et étinceler les glaciers, d'où jaillissaient des ruisseaux qui bruissaient sur le versant. L'air tout entier frémissait de leur chant. En bas, le grondement puissant du fleuve leur servait d'accompagnement. Puis il y avait le gazouillis des oiseaux s'élevant de tous les bosquets, de tous les taillis, de tous les coins du bois
."

                               Sigrid Undset - Kristin Lavransdatter - La croix

 

August Cappelen - Cascade dans le Télémark

 

Photos. Tous droits réservés : toropictures2024@gmail.com

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Rédigé par ALINEAS

Publié dans #La vie des gens d'ici, #Beaux arts

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Publié le 27 Mars 2023

 

 

 

es sculptures d'Erika Fiechter sont petites, des statuettes d'argile, des figurines. Mais elles nous apparaissent géantes, car elles ouvrent des gouffres de sentiments, des horizons de sensations, des voyages au long cours dans l'âme humaine. Dans l'âme végétale aussi. L'arbre y est à la fois tutélaire, totémique, refuge. Et vivant. Si l'individu ou le couple semblent flotter dans l'espace, perdus dans leur questionnement, esseulés, fragiles, à peine soutenus par le geste amoureux, l'arbre offre son corps aux corps, et ses branches leurs élans aux bras qui se dressent à la recherche d'on ne sait quelle divinité, et cependant les retenant à la terre-mère. Parfois l'une et l'autre natures allant jusqu'à s'entremêler dans une extase, la liane amoureuse, le sein qui fleurit.

Dans le monde d'Erika, qui s'il est allégorique n'est pas une illusion, la nudité est une évidence, qui donne toute sa place au geste, à l'humanité absolue. Un langage sans artifice. Une danse en habit de nature. On croit entendre des percussions monter en rythme des profondeurs de la forêt primaire. A moins que ce ne soit un battement de cœurs. Ces couples quasi-gémellaires disent l'éternel essentiel, la tendresse, le soutien, l'offrande.

De toute humanité, dans les entrailles de son abri rocheux, sur l’autel de ses dieux mânes, Homo Naturalis contemple, surpris de sa propre audace, la poignée de glaise qu’il a modelée pour figer l’idée de sa quête d'idéal, pour offrir à ses frères et sœurs l’image d’une espérance partagée.

                                                                                      Alinéas

 

Erika Fiechter a exposé au printemps 2022 à la galerie MGH-LİP de Lectoure. Installée à Vic-Fezensac depuis de nombreuses années, elle pratique également les médecines naturelles. La psychologie et son cadre de vie bucolique lui inspirent les thèmes de ses sculptures.

Contact : akirefiechter@gmail.com

 

Photos © Michel Salanié

 

 

 

 

 

sculpture - communauté de vie - élan vital - joie - spiritualité

 

sculpture - sérénité - abandon corps - naturisme

 

 

sculpture - chat - relation femme arbre animal

 

sculpture - naturalisme - intériorité - équilibre

 

sculpture - psychologie - couple -nudité

 

 

sculpture - méditation - spiritisme - yoga

 

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Rédigé par ALINEAS

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Publié le 23 Novembre 2021

 

artiste peintre lectoure scalabre
Nocturne

 

aut-il pour peindre ses semblables aussi justement être leur sœur ? Faut-il être homme pour découvrir à chaque belle rencontre que le mystère et la grâce se nourrissent l'un l'autre ?

Je connais ces femmes. Une jolie grand-mère partie trop jeune. L'amie perdue de vue dans les méandres de la vie. Et cette inconnue qui ne m'a pas regardé mais dont le visage me poursuit.

Swan Scalabre est née en Provence et vit aujourd'hui en Lomagne. C'est sans doute, parmi de nombreuses sources d'inspiration, ce qui donne à ses ciels cette puissance et à ses personnages cette authenticité. Bergères, promeneuses du soir, amies partageant quelque secret, âme solitaire ou patiente... Il y a du réalisme dans cet impressionnisme. Une paix intérieure dans ces horizons tempétueux.

- Vous souvenez-vous de ce jardin clos ?

- Reviendrons-nous un jour sur ce chemin finissant si loin du monde ?

Mais il est vain de vouloir partager une émotion. Seul le poète s'y essaie. Encore doit-il invoquer Dieu et de ce fait avouer sa propre ignorance. Invoquer le parfum des roses, le vent et l'abîme.

                                                                          Alinéas

artiste peintre gascogne scalabre
Joséphine

 

artiste peintre lomagne scalabre
Jardin clos

 

exposition lectoure galerie office de tourisme OTGL
Grand vent

 

peinture onirisme scalabre
Bergère

 

 

peinture féminité
Noir absolu

 

peinture romantisme victor hugo
A travers champs

 

artiste peintre scalabre saint clar
Eau sombre

 

cours de peinture scalabre lectoure
Croire

 

Confessions

 

Bergère

Merci à Swan Scalabre pour son aimable accord sur ce choix d’œuvres.

On aura plaisir à en admirer un grand nombre sur le site de l'artiste https://www.swanscalabre.com/

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Rédigé par ALINEAS

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Publié le 9 Février 2021

photographie de nourisson - baigneur - enfant nu - bébé cadum

 

Un regard innocent et si intense à la fois. Vous serez d'accord, il fallait se dépêcher de le capter ? Saisir un rayon de soleil éphémère sur la muraille aussi, ou une écharpe de brouillard s'évaporant entre les peupliers dorés à l'automne. Et ces nuages qui passent, là-bas, les merveilleux nuages... Vite, arrêtons l'instant, pour en jouir, sinon toujours, du moins encore un peu. Eternelle quête du beau, souvent fugace, toujours indicible. Depuis les fantastiques scènes animalières d'Homo Sapiens tracées d'ocre et de charbon par un doigt sorcier sur la paroi humide de la grotte profonde, façon de chambre noire paléolithique, l'art consiste à figer le temps qui passe, le mouvement, la lumière. Et depuis Nicéphore Niépce, la photographie multiplie et facilite à l'infini les possibilités. Alors, tous artistes ? Munis de notre iphone, publiant sans jury d'admission sur les cimaises virtuelles, instantanément mondialisées. 3 000 images sont diffusées sur Instagram à chaque seconde qui passe !

Ohhh, admirables couchers de soleil tweetisés, ohhh charmants selfies, sitôt likés déjà stratifiés sous une montagne de post amicaux et sponsorisés confondus !

Je ne me moque pas. Je fais partie du jeu.

Mais alors comment distinguer l'essentiel du superflu, l'unique du foisonnement ambiant, le remarquable du facile ? Nous n'avons pas encore beaucoup de recul, mais il semble toutefois que les grands photographes résistent à l'hyper inflation de l'image. Leurs tarifs en salle des ventes tendent à le prouver, mais ce n'est pas uniquement une question d'argent. Je suis sûr que vous vous souvenez d'avoir vu ces photos, ou d'autres, qui nous ont marqués à jamais. C'est sans doute là, la marque de l'art : l'émotion.

Nous avons la chance d'avoir à Lectoure (Goutz, c'est chez nous, non ?), une photographe de talent, éclectique, amoureuse de la Gascogne, dont elle n'est pas la fille et peut-être vaut-il mieux arriver avec un regard neuf, un personnage pétillant, drôle, qui ne mâche pas ses mots, ni ses clichés, et qui défend ses valeurs comme on dit aujourd'hui. Vous devez la connaître. Isabelle Souriment. Tiens, cette photo par exemple, qui a fait la couverture remarquée d'un livre à deux mains*.

lectoure - citadelle - promontoire - éclairage nocturne - clocher cathédrale - village gascogne

 

Si vous ne l'aviez jamais vue, J'imagine que cette photo de Lectoure prise depuis le sommet de notre clocher emblématique devenu trépied gargantuesque, devrait vous troubler. Cette atmosphère irréelle et pourtant si proche est émouvante, pour les lectourois mais aussi pour tous ceux qui aiment cette ville et enfin ceux qui ne la connaissent pas mais en auront inévitablement envie après avoir admiré cet instantané entre chien et loup aux multiples connotations : majesté, couleur, chaleur, fête, sérénité, espaces, cheminements, histoire... C'est vraiment très riche. Et bien vu.

Bien sûr, la photographie est un métier. Il y a la technique, le matériel optique et de plus en plus électronique, les règles de la composition, le sujet imposé... Mais Isabelle y met aussi de l'esprit. Son amour de la Gascogne, et de la Lomagne en particulier, relève d'un choix de vie qui se devine dans son travail. Et puis, il y faut du temps, de la constance, de l'obstination, le secret des grands cœurs, disait Victor Hugo.

Comme toujours dans cette rubrique Beaux-arts, je vais vite arrêter là mon bavardage et laisser toute sa place à l'artiste. Faire un choix est toujours réducteur. Mais cette plongée dans l'abondante photothèque d'Isabelle Souriment fut un moment de plaisir que je voudrais vous faire partager. Ces vues racontent bien la Gascogne d'aujourd'hui, belle, simple et joyeuse. Quelques-unes sont glanées ailleurs sur la planète. Pour l'ouverture d'esprit.

                                                                           Alinéas

 

Pour profiter des photos en plus grand, sélectionner (clic droit en fonction de votre navigateur) puis [Afficher l'image].

 

 

hameau des étoiles - Fleurance Gers - Dome exploration astronomique - observatoire - festival d'astronomie

 

mariée - château gascon - femme joyeuse - robe - wedding in France Gascony - humour

 

insecte - feuille - botanique gascogne Lomagne - macrophotographie isabelle souriment

 

ruine - architecture paysanne - 4 CV - ronce - abandon charme - ambiance gascogne - vieille carcasse

 

selfie - Donald Trump - exposition photographique - humour

 

gascogne - pastel - jaune - paysage - agriculture - bleu de lectoure - isatis tinctoria

 

intérieur - château gascon - mariage - wedding in France Gascony - humour - famille - enfant

 

land art - Teruhisa Suzuki - Saint Elix d'Astarac - Villefranche d'Astarac - branchages tressés

 

portrait de groupe - famille père enfants - amour - affection - sourire

 

la romieu gers - collégiale - cardinal arnaud d'aux - chemin de compostelle - patrimoine unesco

 

portrait vieille femme - paysanne gascogne - cabane - grange - architecture vernaculaire

 

Brass Band - jazz nouvelle orléans - groupe musicien gers

 

couple mariés - photographie nocturne - ciel étoilé - comète Néowise - robe de mariée - amour - romantisme gascogne

 

fjord coucher de soleil

 

PS. Le titre de cet alinéa est emprunté à un grand photographe, parmi mes icônes : Jeanloup Sieff.

  • Toutes les photos aimablement autorisées © Isabelle Souriment.

Sauf les vignettes © Weston, McCurry, Lartigue, Sieff.

  • * Le livre En pays de Gascogne, Photographies Isabelle Souriment et Matthew Weinreb, se trouve encore d'occasion chez Amazon, Fnac etc... Mais faites viiite !
  • On retrouvera avec plaisir d'autres photos d'Isabelle Souriment ici :

https://www.isabelle-souriment.com/

https://www.isasouriphoto.com/blog/

https://www.facebook.com/isasouriphoto

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https://www.isasouriphoto-pro.com/

https://www.instagram.com/isasouriphoto/

https://www.hanslucas.com/isouriment/photo

 

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Rédigé par ALINEAS

Publié dans #Beaux arts

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Publié le 5 Novembre 2020

sculpture lectoure enfant enfance anne-laure pérès

 

 

otre époque est au déboulonnage des statues. Pour ce qui concerne les dictateurs, c'est une fin inscrite dans leur destinée et qui, en général, intervient heureusement assez rapidement après leur disparition, de vieillesse ou conséquemment à une révolte populaire, celle-ci étant également listée dans les aléas de la définition de fonction. Pour les grands hommes, nous le savons : ils resteront debout devant l'Histoire, la grandeur étant peu sensible à la vacuité et la versatilité des foules. Je propose que nous profitions de cette ambiance agitée pour nous tourner vers plus discret, plus tendre, mais non moins profond. Et plus prometteur. L'enfance.

Enfance dont l'artiste que le Carnet d'Alinéas vous présente aujourd'hui, s'est fait une thématique.

Anne-Laure Pérès est Lectouroise. Etablie à Toulouse, elle expose depuis 2011 dans différentes galeries du Sud-Ouest, mais également à Paris et en Provence. En 2018, elle obtient le 1er prix du public au salon Terre et Flamme de Chantepie (Ille-et-Vilaine). Disons également qu'Anne-Laure dispense des formations, cours particuliers et collectifs, et qu'elle propose des animations auprès d'associations et d'entreprises, activités perturbées en ce moment évidemment mais on garde le moral. Vous admirerez certainement son geste, précis et élégant, sur les tutoriaux disponibles sur sa page Facebook.

Anne-Laure travaille également sur commande. Ses coordonnées sont communiquées sous notre galerie de photos.

 

sculpture lectoure enfant enfance anne-laure pérès

 

Anne-Laure Pérès se souvient avoir été marquée par la visite de l'exposition Camille Claudel qui s'est tenue au château de Lavardens en 2008. L'aurore, dernière variation de l'œuvre majeure de la célèbre sculptrice, La petite châtelaine façon Art nouveau, est évidemment éblouissante, mais pour que notre jeune lectouroise soit inspirée à ce point et décide de se lancer, encore fallait-il qu'elle ait la fibre pour y parvenir si vite et si bien. Quant à adopter l'enfance comme sujet de prédilection, les motivations abondent, esthétiques, spirituelles, psychologiques que l'artiste lui-même n'est pas toujours en mesure de distinguer, et pourquoi lui demanderait-on de les exprimer d'ailleurs ? L'art n'a pas besoin de se justifier. L'histoire de la sculpture offre des merveilles de représentation de l'enfance. Il faut chasser de notre esprit les défilés de putti, angelots et autres cupidons de Rome et de la Renaissance, replets et inexpressifs, qui sont à la sculpture antique ce que Mikey est à l'art contemporain. Le site de Brauron, sur la côte de l'Attique, aux environs d'Athènes, recèle un incroyable groupe de statues d'enfants (VIIe siècle av. J.-C) , voués à la déesse de la nature sauvage, Artémis, sculptés non pas dans une position officielle et hiératique, mais d'un naturel étonnant, comme cette jeune fille au lapin. A l'opposé de notre mare nostrum culturel, le norvégien Gustav Vigeland a offert à sa ville d'Oslo, dans le parc Froger qui lui est entièrement dédié, le jovial foisonnement d'une tribu naturiste où, malgré des formes pleines jusqu'à l'épure, annonçant le cubisme, les visages d'enfants, parmi lesquels cet enlacement de jeunes filles espiègles, expriment avec subtilité tous les sentiments de l'innocence et de la joie de vivre.

sculpture lectoure enfant enfance anne-laure pérès

 

Il a fallu choisir les photos du travail d'Anne-Laure que nous reproduisons ci-dessous, une sélection forcément réductrice. Nous aurions également aimé pouvoir tourner autour de ces personnages en vidéo. Ils mériteraient un regard "intégral".

On dit en général que l'art du sculpteur est de savoir "saisir" l'instant, c'est à dire l'expression, le mouvement de son sujet. Par un effet de miroir sujet/spectateur dont Anne-Laure Pérès joue, c'est nous qui sommes saisis par le réalisme de ces scènes. Si les membres sont quelque peu stylisés, les postures elles, sont très étudiées et réalistes, la sculptrice maîtrisant parfaitement les fondamentaux de l'anatomie. Ne dit-on pas en langage courant que "le corps parle" ? Nous sommes ensuite, chacun selon sa sensibilité, captivés par une mimique, par la position des mains ou des pieds, trahissant l'hésitation ou la contrariété, par le regard qui se détourne, pour rêver ou s'échapper, par un ensemble de petits détails infimes donnant au personnage, si fragile pourtant, une présence intense. Sur nos places et nos avenues à la glorieuse perspective, les statues officielles de nos grands hommes n'ont pas toujours cette vitalité. Quand elles ne sont pas totalement creuses.

Le second caractère qui nous paraît s'imposer dans le travail d'Anne-Laure est sa contemporanéité. Ce n'est pas si évident, car bien souvent nous enfermons les enfants dans notre propre histoire et pêchons par nostalgie. Ceux-là ne jouent pas un jeu de rôle. Ils ne prennent pas la pose pour nous faire plaisir. Bien trop décontractés, indépendants, balthusiens. De telle façon que de l'humour, de l'anecdotique qui pourrait nous égarer, nous sommes bien obligés d'en venir à la perception, au second degré, d'une certaine philosophie de vie d'aujourd'hui. Non, ce n'est pas "l'enfance de l'art", mais bien l'inverse. Pour en arriver là, il faut que l'artiste maîtrise non seulement sa technique mais fondamentalement, de surcroît, la psychologie de son sujet, son rôle, son importance dans le groupe humain, la famille, l'école, sa génération, qu'il perçoive enfin son essence d'être, un être en développement certes, mais déjà totalement présent et indispensable à la société. Homme-enfant ou femme-enfant, personnalité à part entière, dès l'instant même où la silhouette émerge de l'argile, sous la main créatrice.

                                                               Alinéas

 

sculpture lectoure enfant enfance anne-laure pérès
Balade sous la pluie
sculpture lectoure enfant enfance anne-laure pérès
Les cops
sculpture lectoure enfant enfance anne-laure pérès
La boucle d'oreille
sculpture lectoure enfant enfance anne-laure pérès
L'oiseau

 

sculpture lectoure enfant enfance anne-laure pérès
Chuis pas chaud
sculpture lectoure enfant enfance anne-laure pérès
La belle affalée
L'ennui

 

sculpture lectoure enfant enfance anne-laure pérès
Le songe
sculpture lectoure enfant enfance anne-laure pérès
Les trois grâces
sculpture lectoure enfant enfance anne-laure pérès
Le rugbyman
sculpture lectoure enfant enfance anne-laure pérès
Les bonbecs
sculpture lectoure anne-laure pérès aviateur
Rêver est un voyage
sculpture lectoure enfant enfance anne-laure pérès
Le footballeur

 

Le site web https://www.annelaure-peres.com/

 

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Rédigé par ALINEAS

Publié dans #Beaux arts

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Publié le 4 Septembre 2020

Ce soir-là, on se serait cru à Saint-Germain-des-Prés. Ou Montmartre, pour le relief. Oubliant le masque, comme un prélude audacieux, les rires et les couverts gourmands s'interpellaient joyeusement. Le claret perlait lentement sur son verre à pied. Les caves et les venelles où le soleil n'a que la part congrue rendaient leur fraîcheur. Et puis, le brouhaha se fit murmure, monta une voix, sur quelques accords, à peine enchaînés, sans hésitation reconnus. La gouaille de Léo, le cœur du grand Jacques, le tempo de la guitare de Georges reprenant dans nos mémoires une belle dispute entre vers et prose, entre amour et liberté, révolte et solitude. Dispute interrompue il y a trop longtemps, faute de débatteurs. Ce soir, la voix était femme, vivante, émouvante, là sur cette scène de rue, simple et singulière pourtant.

 

Julie Aimée Debes a donné à cet été gersois un air des années soixante et de distinction mêlés. Hôtel Continental à Condom, villa gallo-Romaine de Séviac, hôtel Collège des Doctrinaires et terrasse de Cigale é Fourmi à Lectoure où elle a troqué la petite robe noire cabaret pour le jean de la chanteuse de rue. Répertoire de rêve. Aznavour, Reggiani, Moustaki qui lui offre le titre de notre alinéa, comme une fleur que l'on lance sur la scène. Et puis je voudrais partager avec vous un moment dont je n'avouerai pas l'émotion, Julie Aimée Debes chante Barbara, malgré sa jeunesse, en quelque sorte de grande Dame à jeune Dame.

La voix est profonde. La diction est claire, qualité si rare aujourd'hui. Couché sous son pin parasol, plage de Sète, le poète apprécie. Ici, je devine ceux qui me connaissent sourire.

- Mais t'es sourd Alinéas !

- Oui, mais j'ai des éclaircies pendant lesquelles je me précipite comme un affamé pour écouter ce qui me manque tant. Sinon, je lis sur les lèvres, et vous reconnaîtrez que ce n'est pas désagréable en l'occurrence.

Julie Aimée Debes est née dans une famille où l'on écoutait Hallyday et Bruel le jour et où l'on jouait de l'accordéon le soir, sur Brassens et Joe Dassin. Moi c'était Véronique Sanson et Dylan. Flirter avec l'anglais et la guitare électrique oui, mais à condition de texte, de sens et de mélodie.

Julie Aimée Debes est venue en pays lectourois par amitié. C'est fou ce que nous comptons d'habitants installés ici pour se rapprocher d'un ami ayant vanté les lieux. Un mode de peuplement enrichissant pour les deux cœurs réunis et pour le pays aussi.

 

Julie Aimée (un prénom que je verrais bien faire un nom de scène) ne copie pas. Elle apporte à chaque reprise sa pâte. Nous aimons cette jeunesse qui n'hésite pas à fouiller le terreau de la langue française pour y retrouver des pépites et les faire briller à nouveau au soleil. Rina Ketty : un siècle d'écart Mama ! Aujourd'hui, je ne vais pas faire mon vieux grincheux, mais tout de même : la langue française est violentée et colonisée. Le retour aux sources est un combat. Eclectique, ce n'est pas une faiblesse mais une source d'inspiration, notre artiste voudra écrire également. Enfin, l’interprète a rencontré Gérard Guidi, un auteur qui lui a offert ceci (extrait):

Ce soir allez savoir pourquoi j’ai envie de me rapprocher de moi

D’aller vers celle que je ne connais pas

Celle qui partage mon quotidien un même corps pour un même destin

Celle différente à la fois

Tant pis si je bascule ma vie sur le versant interdit que personne ne voit

Tant pis si prise de folie je deviens celle qui sommeille au fond de moi...

C'est sûr. Il y faut un peu de folie. De celle qui donne le courage d'exprimer ses sentiments, d'autres aussi, étranges mais beaux, des questions sans réponse et des espoirs sans lendemain. Ne lâche pas Julie Aimée, ne lâche pas le rayon de lune qui nous relie, qui te relie à Prévert, Ronsard et jusqu'à François Villon.

                                                        Alinéas

 

  •  On pourra se procurer le dernier CD de Julie Aimée ici

  • Pour cet alinéa, les belles photos de la soirée de Cigale é Fourmi signées Jérôme Narbonne ont joué le rôle de déclencheur.  https://jeromenarbonne.com/

  • Autres photos :

    • Julie Aimée Debes
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Rédigé par ALINEAS

Publié dans #Beaux arts

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