beaux arts

Publié le 5 Novembre 2020

sculpture lectoure enfant enfance anne-laure pérès

 

 

otre époque est au déboulonnage des statues. Pour ce qui concerne les dictateurs, c'est une fin inscrite dans leur destinée et qui, en général, intervient heureusement assez rapidement après leur disparition, de vieillesse ou conséquemment à une révolte populaire, celle-ci étant également listée dans les aléas de la définition de fonction. Pour les grands hommes, nous le savons : ils resteront debout devant l'Histoire, la grandeur étant peu sensible à la vacuité et la versatilité des foules. Je propose que nous profitions de cette ambiance agitée pour nous tourner vers plus discret, plus tendre, mais non moins profond. Et plus prometteur. L'enfance.

Enfance dont l'artiste que le Carnet d'Alinéas vous présente aujourd'hui, s'est fait une thématique.

Anne-Laure Pérès est Lectouroise. Etablie à Toulouse, elle expose depuis 2011 dans différentes galeries du Sud-Ouest, mais également à Paris et en Provence. En 2018, elle obtient le 1er prix du public au salon Terre et Flamme de Chantepie (Ille-et-Vilaine). Disons également qu'Anne-Laure dispense des formations, cours particuliers et collectifs, et qu'elle propose des animations auprès d'associations et d'entreprises, activités perturbées en ce moment évidemment mais on garde le moral. Vous admirerez certainement son geste, précis et élégant, sur les tutoriaux disponibles sur sa page Facebook.

Anne-Laure travaille également sur commande. Ses coordonnées sont communiquées sous notre galerie de photos.

 

sculpture lectoure enfant enfance anne-laure pérès

 

Anne-Laure Pérès se souvient avoir été marquée par la visite de l'exposition Camille Claudel qui s'est tenue au château de Lavardens en 2008. L'aurore, dernière variation de l'œuvre majeure de la célèbre sculptrice, La petite châtelaine façon Art nouveau, est évidemment éblouissante, mais pour que notre jeune lectouroise soit inspirée à ce point et décide de se lancer, encore fallait-il qu'elle ait la fibre pour y parvenir si vite et si bien. Quant à adopter l'enfance comme sujet de prédilection, les motivations abondent, esthétiques, spirituelles, psychologiques que l'artiste lui-même n'est pas toujours en mesure de distinguer, et pourquoi lui demanderait-on de les exprimer d'ailleurs ? L'art n'a pas besoin de se justifier. L'histoire de la sculpture offre des merveilles de représentation de l'enfance. Il faut chasser de notre esprit les défilés de putti, angelots et autres cupidons de Rome et de la Renaissance, replets et inexpressifs, qui sont à la sculpture antique ce que Mikey est à l'art contemporain. Le site de Brauron, sur la côte de l'Attique, aux environs d'Athènes, recèle un incroyable groupe de statues d'enfants (VIIe siècle av. J.-C) , voués à la déesse de la nature sauvage, Artémis, sculptés non pas dans une position officielle et hiératique, mais d'un naturel étonnant, comme cette jeune fille au lapin. A l'opposé de notre mare nostrum culturel, le norvégien Gustav Vigeland a offert à sa ville d'Oslo, dans le parc Froger qui lui est entièrement dédié, le jovial foisonnement d'une tribu naturiste où, malgré des formes pleines jusqu'à l'épure, annonçant le cubisme, les visages d'enfants, parmi lesquels cet enlacement de jeunes filles espiègles, expriment avec subtilité tous les sentiments de l'innocence et de la joie de vivre.

sculpture lectoure enfant enfance anne-laure pérès

 

Il a fallu choisir les photos du travail d'Anne-Laure que nous reproduisons ci-dessous, une sélection forcément réductrice. Nous aurions également aimé pouvoir tourner autour de ces personnages en vidéo. Ils mériteraient un regard "intégral".

On dit en général que l'art du sculpteur est de savoir "saisir" l'instant, c'est à dire l'expression, le mouvement de son sujet. Par un effet de miroir sujet/spectateur dont Anne-Laure Pérès joue, c'est nous qui sommes saisis par le réalisme de ces scènes. Si les membres sont quelque peu stylisés, les postures elles, sont très étudiées et réalistes, la sculptrice maîtrisant parfaitement les fondamentaux de l'anatomie. Ne dit-on pas en langage courant que "le corps parle" ? Nous sommes ensuite, chacun selon sa sensibilité, captivés par une mimique, par la position des mains ou des pieds, trahissant l'hésitation ou la contrariété, par le regard qui se détourne, pour rêver ou s'échapper, par un ensemble de petits détails infimes donnant au personnage, si fragile pourtant, une présence intense. Sur nos places et nos avenues à la glorieuse perspective, les statues officielles de nos grands hommes n'ont pas toujours cette vitalité. Quand elles ne sont pas totalement creuses.

Le second caractère qui nous paraît s'imposer dans le travail d'Anne-Laure est sa contemporanéité. Ce n'est pas si évident, car bien souvent nous enfermons les enfants dans notre propre histoire et pêchons par nostalgie. Ceux-là ne jouent pas un jeu de rôle. Ils ne prennent pas la pose pour nous faire plaisir. Bien trop décontractés, indépendants, balthusiens. De telle façon que de l'humour, de l'anecdotique qui pourrait nous égarer, nous sommes bien obligés d'en venir à la perception, au second degré, d'une certaine philosophie de vie d'aujourd'hui. Non, ce n'est pas "l'enfance de l'art", mais bien l'inverse. Pour en arriver là, il faut que l'artiste maîtrise non seulement sa technique mais fondamentalement, de surcroît, la psychologie de son sujet, son rôle, son importance dans le groupe humain, la famille, l'école, sa génération, qu'il perçoive enfin son essence d'être, un être en développement certes, mais déjà totalement présent et indispensable à la société. Homme-enfant ou femme-enfant, personnalité à part entière, dès l'instant même où la silhouette émerge de l'argile, sous la main créatrice.

                                                               Alinéas

 

sculpture lectoure enfant enfance anne-laure pérès
Balade sous la pluie
sculpture lectoure enfant enfance anne-laure pérès
Les cops
sculpture lectoure enfant enfance anne-laure pérès
La boucle d'oreille
sculpture lectoure enfant enfance anne-laure pérès
L'oiseau

 

sculpture lectoure enfant enfance anne-laure pérès
Chuis pas chaud
sculpture lectoure enfant enfance anne-laure pérès
La belle affalée
L'ennui

 

sculpture lectoure enfant enfance anne-laure pérès
Le songe
sculpture lectoure enfant enfance anne-laure pérès
Les trois grâces
sculpture lectoure enfant enfance anne-laure pérès
Le rugbyman
sculpture lectoure enfant enfance anne-laure pérès
Les bonbecs
sculpture lectoure anne-laure pérès aviateur
Rêver est un voyage
sculpture lectoure enfant enfance anne-laure pérès
Le footballeur

 

Le site web https://www.annelaure-peres.com/

 

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Publié le 4 Septembre 2020

Ce soir-là, on se serait cru à Saint-Germain-des-Prés. Ou Montmartre, pour le relief. Oubliant le masque, comme un prélude audacieux, les rires et les couverts gourmands s'interpellaient joyeusement. Le claret perlait lentement sur son verre à pied. Les caves et les venelles où le soleil n'a que la part congrue rendaient leur fraîcheur. Et puis, le brouhaha se fit murmure, monta une voix, sur quelques accords, à peine enchaînés, sans hésitation reconnus. La gouaille de Léo, le cœur du grand Jacques, le tempo de la guitare de Georges reprenant dans nos mémoires une belle dispute entre vers et prose, entre amour et liberté, révolte et solitude. Dispute interrompue il y a trop longtemps, faute de débatteurs. Ce soir, la voix était femme, vivante, émouvante, là sur cette scène de rue, simple et singulière pourtant.

 

Julie Aimée Debes a donné à cet été gersois un air des années soixante et de distinction mêlés. Hôtel Continental à Condom, villa gallo-Romaine de Séviac, hôtel Collège des Doctrinaires et terrasse de Cigale é Fourmi à Lectoure où elle a troqué la petite robe noire cabaret pour le jean de la chanteuse de rue. Répertoire de rêve. Aznavour, Reggiani, Moustaki qui lui offre le titre de notre alinéa, comme une fleur que l'on lance sur la scène. Et puis je voudrais partager avec vous un moment dont je n'avouerai pas l'émotion, Julie Aimée Debes chante Barbara, malgré sa jeunesse, en quelque sorte de grande Dame à jeune Dame.

La voix est profonde. La diction est claire, qualité si rare aujourd'hui. Couché sous son pin parasol, plage de Sète, le poète apprécie. Ici, je devine ceux qui me connaissent sourire.

- Mais t'es sourd Alinéas !

- Oui, mais j'ai des éclaircies pendant lesquelles je me précipite comme un affamé pour écouter ce qui me manque tant. Sinon, je lis sur les lèvres, et vous reconnaîtrez que ce n'est pas désagréable en l'occurrence.

Julie Aimée Debes est née dans une famille où l'on écoutait Hallyday et Bruel le jour et où l'on jouait de l'accordéon le soir, sur Brassens et Joe Dassin. Moi c'était Véronique Sanson et Dylan. Flirter avec l'anglais et la guitare électrique oui, mais à condition de texte, de sens et de mélodie.

Julie Aimée Debes est venue en pays lectourois par amitié. C'est fou ce que nous comptons d'habitants installés ici pour se rapprocher d'un ami ayant vanté les lieux. Un mode de peuplement enrichissant pour les deux cœurs réunis et pour le pays aussi.

 

Julie Aimée (un prénom que je verrais bien faire un nom de scène) ne copie pas. Elle apporte à chaque reprise sa pâte. Nous aimons cette jeunesse qui n'hésite pas à fouiller le terreau de la langue française pour y retrouver des pépites et les faire briller à nouveau au soleil. Rina Ketty : un siècle d'écart Mama ! Aujourd'hui, je ne vais pas faire mon vieux grincheux, mais tout de même : la langue française est violentée et colonisée. Le retour aux sources est un combat. Eclectique, ce n'est pas une faiblesse mais une source d'inspiration, notre artiste voudra écrire également. Enfin, l’interprète a rencontré Gérard Guidi, un auteur qui lui a offert ceci (extrait):

Ce soir allez savoir pourquoi j’ai envie de me rapprocher de moi

D’aller vers celle que je ne connais pas

Celle qui partage mon quotidien un même corps pour un même destin

Celle différente à la fois

Tant pis si je bascule ma vie sur le versant interdit que personne ne voit

Tant pis si prise de folie je deviens celle qui sommeille au fond de moi...

C'est sûr. Il y faut un peu de folie. De celle qui donne le courage d'exprimer ses sentiments, d'autres aussi, étranges mais beaux, des questions sans réponse et des espoirs sans lendemain. Ne lâche pas Julie Aimée, ne lâche pas le rayon de lune qui nous relie, qui te relie à Prévert, Ronsard et jusqu'à François Villon.

                                                        Alinéas

 

  •  On pourra se procurer le dernier CD de Julie Aimée ici

  • Pour cet alinéa, les belles photos de la soirée de Cigale é Fourmi signées Jérôme Narbonne ont joué le rôle de déclencheur.  https://jeromenarbonne.com/

  • Autres photos :

    • Julie Aimée Debes
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Publié le 9 Juin 2020

JOYEUSE NATURE  !

 

art beaux-arts -Grousson-Troyes Lectoure Botanique Musée Plantes sauvages comestibles Berrac

 

Geneviève Troyes est née et a grandi à Lectoure. Je l’imagine gamine, à la sortie de l’école, dévalant les ruelles ombrées de la citadelle, une auréole de boucles rousses, un rire chantant et le regard vif.

Le boulevard du Sud et le quartier des Jardins méridionaux portent bien leurs noms. Les Pyrénées en toile de fond, ce versant de la citadelle où est accrochée la maison de famille, offre tout ce que les gascons de François 1er ont ramené ‘d’Italie pour faire renaître la gothique Lomagne : palmiers et lauriers roses, loggias et pergolas, génoises liserées de soleil et Diane à sa fontaine… L’art en germe de la petite lectouroise, comment en aurait-il été autrement ? serait exubérant et lumineux comme un giardino. Sensuel comme une balade en Arcadie.

Le trait est rapide et joyeux. A main levée et sans retouche, il va à l’essentiel, comme un éclat de rire, comme une déclaration d’amour. Le rough, c’est le nom de cette façon de dessin, est une méthode de travail d’approche et de recherche, dans les domaines de l’industrie, de l’architecture et de la publicité. Il est élevé ici au rang d’œuvre d’art. Rehaussé énergiquement de couleurs avec des aquarelles ou des acryliques, lumineuses pour les végétaux, tamisées pour les nus. C’est spontané. C’est flamboyant.

Ces tableaux sont exécutés sur aluminium galvanisé ou thermolaqué, ce qui ajoute à leur impact. Parfois détournés en mobilier. Utile, contemporain et beau.

Geneviève Troyes vit aujourd’hui en région Rhône-Alpes. Enseignante, designer, architecte d’intérieur, elle expose ses œuvres régulièrement. En pays lectourois parfois, pour un retour aux sources.

Naturellement, on aime. 

 

                                                                          Alinéas

 

PS. Geneviève Troyes a conçu la maquette et exécuté certaines des illustrations des balises informatives du Petit musée des plantes sauvages comestibles de Berrac. Ou "Quand l'art contemporain chemine en compagnie de Dame nature et de nos meilleures traditions".

Foison de photos, de propos, de couleurs sur le site de l'artiste ici https://gt.duchenetroyes.fr/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le 25 Juin 2019

 

 

a Poterie du Don est située sur la commune du Fel, à l’extrême nord du département de l’Aveyron. Lieu d'exception. Les volcans d’Auvergne en arrière-plan comme un héritage tutélaire,   un piédestal de lauze.

 

 

Pour cimaises à son art, Le Don jouit d'une vue à 180° sur la haute vallée du Lot qui garde la mémoire de ses gabares, sur le chemin pèlerinant vers Conques, sur les vignobles occitans, un lointain de nuées océanes...

 

Suzy et Nigel Atkins ont créé cette belle affaire artisanale dans les années soixante-dix dans une bergerie, au fin fond d’un canyon improbable, "Les Gorges du Don". En 2007, le succès ne se démentant pas et la perspective d’une heureuse succession ont conduit le couple à déplacer son entreprise sur un axe routier plus accessible, entre Rodez et Aurillac, dans un bâtiment à l’architecture audacieuse qui permet de développer aujourd’hui trois activités complémentaires : la production de poterie utilitaire du Don, d’une qualité et d’une originalité à la fois entretenues et renouvelées, le partage de l’espace commercial avec les meilleurs potiers de France et d’Europe, et enfin, comme un miracle dans ce paysage du bout du monde, la galerie qui accueille chaque année plusieurs expositions d’artistes de renommée internationale, attirant les collectionneurs avertis, fidèles de ce haut lieu de la création céramique.

Kélian Atkins, aujourd’hui en charge de la Poterie du Don, poursuit la belle aventure familiale en compagnie de Léonor Salanié, nous y voilà, potière également et mère de leurs deux enfants, Nathanaël et Héloïse, qu’ils laisseront, le moment venu, modeler leurs propres destins. Mais on peut espérer...

Tous deux habitués et amoureux de Lectoure, Kélian et Léonor ont décidé d’ouvrir une vitrine Rue Nationale. Les amis de la Mouline de Belin y retrouveront la vaisselle qui embellit sa table d’hôte de ses couleurs profondes, de ses éclats de lumière et de liserés mordorés, production complétée d'une sélection de pièces de céramique et de bijoux d'artisans invités.

                                                                                                         Alinéas

                                                                                    

 

La Vitrine du Don à Lectoure, au N° 39 Rue Nationale.

Site internet :
https://ledondufel.com/fr/

 

Sculpture Athena JAHANTIGH

Photos Poterie du Don, Michel Salanié.

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Publié le 1 Janvier 2019

 VOTEZ !

Chers lecteurs, si nous adhérons en 2019, ce sera au parti-pris d'un cadre de vie préservé. Si nous manifestons, ce sera pour vous faire partager nos petits bonheurs. Aux armes jardiniers, promeneurs et poètes !!!

Oui, cher abonné, cher lecteur de passage, avec tous nos vœux pour la nouvelle année, nous vous offrons une petite rétrospective des photos qui ont chapeauté nos alinéas en 2018. Nous les choisissons avec beaucoup de soin et de plaisir : couleurs, petits secrets, points de vue...

Allez, citoyen, dis-nous, dans le champ de saisie des commentaires ci-dessous, quelle est la photo qui te parle le mieux de Lectoure, celle que tu garderas en mémoire. On peut aussi élire un duo ou un trio de photos. Ce sera une façon toute pacifique, de résister avec nous, sans illusions mais sereins, au pouvoir du temps qui passe.

                                                                                 ALINEAS

Pour agrandir la photo, clic droit et [afficher l'image].

 

1 - Le clocheton de l'hôpital devenu village de brocanteurs, épingle un nuage en guise de chevelure fantasque.

 

2 - Au printemps, les chemins sont bornés de montagnes de fleurs d'aubépine où atterrissent en mission, les butineuses d'Arrajacamp.

 

3 - Du matin jusqu'au soir, la Croix-rouge salue les enfants des écoles en promenade, les vieux sur leur banc au soleil, et les derniers pélerins, essouflés mais enchantés.

 

4 - Photo prise depuis Hausset, à 2 km sur le chemin de Saint-Jacques, côté ouest. La distance écrase la perspective : entre la masse du château-hôpital et le clocher-tour, la ville semble rapetissée.

 

5 - Aux Ruisseaux, malgré les affleurements rocheux qui refusent de rentrer dans le rang, les andains sont parallèles. Les balles de foin ne resteront pas dispersées très longtemps. Allez hop ! Charriées, empilées, engrangées.

 

6 - Cette année, la pluie aura été abondante. Arbres et nuages moutonnent de concert.

 

7 - Rue de la Barbacane. Où la ville "fait le mur" pour s'égailler dans le faubourg.

 

8 - Alentour, des circuits nature-patrimoine-gourmandise, pour tous les goûts. Ici, le promontoire de Lagarde-Fimarcon.

 

9 - A quelques encablures du plateau de Baqué, dans le calme plat, la citadelle flotte.

 

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Publié le 29 Novembre 2018

 

ÉTOİLES & TOİLES

 

Ce matin, le chemin de Saint Jacques est recouvert d’un embrouillamini de fils d’argent ampoulés d’une multitude de gouttes de cristal. Comme si on préparait un heureux évènement, une fête peut-être. Vous êtes au courant, non ?

Les auteures -eh oui au féminin, je n’y puis mais- avaient déguerpi à l’heure de ma découverte et j’ai bien regretté de ne pas les avoir vues à l’œuvre. Au chef-d’œuvre devrais-je dire. Combien étaient-elles sur le métier ? A quelle vitesse ont-elles tissé cet écheveau ? Quelle invraisemblable débauche d’énergie.

Et pour quoi donc ? A cette saison, pas un papillon ne s’est fait piéger, pardi ! Alors oui, il faut le croire, tout ça uniquement pour la beauté du geste, pour le plaisir des yeux. Eh bien, c’est réussi vous ne trouvez pas ?

Dommage cependant, pas un jacquet n’est passé... Art éphémère. Foin de tapage. A cette saison, sur ce chemin du champ d’étoiles, le soleil paraît et le rêve s’estompe.

 

                                                 ALINEAS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le 24 Juillet 2018

 

Intime imaginaire

 

Le travail de Marie Rigot n’est pas assez visible. Oui, je veux dire que j’aimerais voir la poésie, l’humour, la joie de vivre de cette artiste plus souvent accrochés aux cimaises et offerts aux regards. Mais faut-il être exposé pour justifier de son talent ? Certes non.

Il y a des raisons à cette discrétion. Marie est cinq fois maman ! Ça occupe. Et puis elle s’adonne à une passion, la gestalt-thérapie, une méthode thérapeutique psychologique douce, dont elle vit par ailleurs. Alors il faut saisir les rares occasions de rencontrer l’artiste.

Nous avons découvert son travail lorsque ses géantes hautes de trois mètres étaient accrochées dans l’atelier du Bleu de Lectoure, à l’époque au bord du Gers. Descendues de leur mur, ces demoiselles ont fait un petit tour par la Mouline de Belin et nous aurions pu, avec mon compère, à l’occasion de leur manipulation, être pris sur le fait en train de danser un slow gargantuesque, comme les déménageurs que Doisneau avait photographiés, un cliché devenu célèbre, transportant, les mains posées sur ses seins de bronze, une statue d'Aristide Maillol installée devant le Louvre.

Nous avons confié à Marie la création de notre logo, un travail qui exige qu’artiste et sujet apprennent à se connaître et depuis, de loin en loin, nous aimons à dire qu’elle est un peu une amie, ce qui donne pour nous encore plus de sens à son art.

Marie exploite le rendu de tous les matériaux, papier journal, tissu, carton et métal.

Elle n’aime pas le terme et il n'est pas nécessairement besoin de coller des étiquettes mais tout de même, son style conduit à la classer dans la catégorie "maniériste" au sens italien de maniera (façon) en donnant bien sûr au qualificatif un sens renouvelé depuis cette révolution artistique de la Renaissance, un style unique, j'oserais un "figuratisme réaliste".

Chez Marie Rigot, l’expression, la posture des personnages donne fondamentalement une signification à la scène, comme un langage qui exalte le dessin, un jeu de scène captivant et engageant. Plus profond que descriptif, plus attachant que cherchant à convaincre.

Petite-fille de Cranach, de Chagall et de Picasso, Marie nous entraîne dans un monde onirique et tendre. Au-delà de leur jeu de scène, convenu ou joyeusement libéré, ses personnages ont une vie intérieure qu’il faut deviner, voire inventer, au sens de "l’invention" d’un trésor, de son excitante révélation au grand jour. Des sujets qui dépassent les limites du support, du cadre de leur existence, de fait réduits, pour investir un espace de liberté que nous partageons, ne sachant pas en l’occurrence qui, de la fiction ou du spectateur, fera mouvement pour rejoindre l’autre. Une présence à la fois imaginaire et si intime.

Invitation à la découverte d’une joyeuse et poétique création.

                                                                      ALINEAS

Pour isoler les images: Clic droit et [Afficher l'image].

 

 


 

 

                                                                                            

                                          

 

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Publié le 16 Mars 2018

 

Pendant des milliers d’années, un ciel d’origine du monde a délavé la gangue argileuse du promontoire qui ne s’appelait pas encore Lectoure. Au pied du rocher mis à nu, la terre s’est accumulée en attendant l’artisan qui lui donnerait vie. Le quartier de Pradoulin*, l’un des sites choisis par Rome pour développer son industrie entre Pyrénées et Garonne, a connu son heure d’intense activité potière et artistique. C’est ici que Roger Thévenon, succédant au potier gallo-romain,  a installé son atelier. Après une vie de cadre dirigeant dans l’industrie en région parisienne, il choisit le calme de cette plaine au bord du Gers pour s’adonner à son créatif passe-temps.

 

Il applique la glèbe souple par couches successives pour donner

naissance, à partir du néant, à la forme qui n’existait auparavant que dans son esprit. Le tailleur de pierre, lui, attaquera la matière de ses outils taillants, retirant l’excédent qui masque encore l’œuvre finale, virtuellement préexistante au cœur de la concrétion depuis les temps géologiques. La sculpture est dichotome : la forme naît de l’imagination de l’artiste, soit par ajout, c’est le modelage, soit par soustraction de matière, c’est la taille.

 

Dans les landes de Gascogne, au Paléolithique supérieur, un sculpteur appartenant à la seconde des deux écoles a donné à l’Humanité, la Dame de Brassempouy, faite d’ivoire dans un pays de sables. Etait-elle déesse ou bien simple mais sublime servante ?

Au centre, la Dame de Brassempouy, 23 000 ans et un air de famille

avec les créatures de Thévenon.

 

Par atavisme avec les lieux, telles des vierges dédiées au service du temple de Cybèle dressé sur la colline sacrée des Lactorates, les belles de Thévenon ont la plastique qu’exige leur vocation exposée au regard des

fidèles. Elles sont les petites-filles de l’Aphrodite de Praxilète, des Grâces de Lucas Cranach et des odalisques de Matisse. Le monde antique, la chrétienté, les civilisations d’Orient et d’Occident ont distillé leur art, chacun à sa manière, sans jamais pouvoir ni vouloir rejeter les influences externes, pour peu qu’elles respectassent leurs sentiments et leur maturité. Ainsi Thévenon synthétise t-il par un patient travail de modelage, les canons des artistes de son panthéon, du classicisme grec à l’art nègre**, indigène et art déco.

 

Certaines de ces sculptures de plâtre seront reproduites dans le métal pour tendre à l’immortalité.

A Rome,  les vestales étaient choisies et devaient rester vierges durant leur long sacerdoce. Notre temps n’a plus ces rigueurs et pour séduire nos temples médiatiques qui brûlent si facilement ce qu’ils ont adoré pas plus tard qu’hier, le monde n’en finit plus de s’agiter. 

 

Roger Thévenon lui, insensible aux modes, possède l’art d’inscrire la beauté éternelle dans la terre et dans le bronze. 

 

                                                             ALINEAS

 

Pour visualiser isolément chaque sculpture, clic droit et [afficher l'image]

 

* De « ola » en gascon : le pot de terre, la marmite. Le champ qui recouvrait les ruines de l’ancienne cité gallo-romaine était parsemé de tessons de terre cuite, devenu ainsi « le prat d’oule ».

** L’adjectif résistera t-il au rectificatif  du vocabulaire historique qui sévit actuellement, y compris dans le registre artistique ?

 

Photos Michel Salanié. Droits de reproduction Roger Thévenon.

Reproductions: Maison de la Dame de Brassempouy, Nu bleu II Henri Matisse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le 2 Janvier 2018


LECTOURE

 

SUR SCÈNE

Lectoure est un modèle très photogénique. Sans doute l’influence du promontoire rocheux à usage de piédestal. Théâtrale. Nonchalamment exposée au soleil, pimpante au petit matin frais, ou, pour les promeneurs de l'ombre, sombre et fantasmatique dame de la nuit. Il suffit d’avoir un peu de patience, de chance et de saisir ses poses de comédienne qui joue les modestes, ses mises en scène de cinéma sur fond de Pyrénées ou façon blanc manteau. Ne lui demandez rien qu’elle n’ait décidée elle-même, car elle a son caractère. Un peu star, oui. Vous n’aurez qu’à repasser, ou attendre le bon éclairage. Si vous voulez varier les effets, zoomez sur ces jacquets qui lui chatouillent le flanc Est, ou sur ce chevreuil-caméléon qui broute les blés murs en zieutant la belle depuis le promontoire voisin. Vous pouvez enfin tenter une macro sur ces hussards de coquelicots montant à l’assaut de ses remparts. Mais revenez toujours au sujet principal : la coquette n’attend que cela…

 

A l'expérience, nous trouvons dommage que le "bandeau", la photo en tête de ce carnet d’alinéas que nous avons choisi, par principe, de faire varier régulièrement, disparaisse définitivement de la toile. Parfois rescapé quelques semaines en vignette sur Google,  mais clic et re-clic, résultat négatif : N’habite Plus à l’Adresse Indiquée. D'où l'idée de ce portefolio-archive.

 

Restons modestes, cette "photo-chapeau" n'est pas une pièce de musée*, mais nous la sélectionnons avec beaucoup de soin, et de plaisir, dans notre photothèque, car elle met en valeur le décor que la Mouline de Belin partage avec ses voisins, avec tous les Lectourois, les pèlerins et les touristes, notre précieux patrimoine visuel.

 

Autrefois dans les familles, il y avait la soirée diapos. Alors, pour les amis, les retardataires, pour les distraits et les amateurs-mateurs, pour le plaisir tout simplement, voici notre rétrospective des bandeaux 2017 du Carnet d'alinéas. Merci de nous dire votre premier choix personnel en inscrivant le N° de la photo dans le champ "Commentaires" ci-dessous.

 

                                                                        Alinéas

 

PS. Pour agrandir les photos: clic droit et [Afficher l'image].

 

* On nous pardonnera le rattachement un peu excessif de cet alinéa-là à la rubrique Beaux-arts mais il fallait bien lui trouver un point de chute.

 

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Publié le 13 Octobre 2017

LE CRAYON DE LUMİÈRE

 

Le couvent des Clarisses

 

Les dessins de Bernard Comte, appréciés depuis longtemps d’un petit cercle d’amis et d’amateurs, méritaient d’être diffusés à l’intention des Lectourois et plus largement des amoureux de la belle image. C’est fait depuis décembre 2016. Ils le méritaient à plusieurs titres : sa technique, son sujet de prédilection et l’esprit de son travail.

 

Sur le plan de la technique, nous avons suggéré le néologisme de « traitillisme ». Bernard Comte, mi-plaisantin, mi-modeste dit qu’il ne fait que déposer un peu de noir sur du papier. Oui, mais pas n’importe quel noir. Des milliers de traits qui, par leur proximité ou leur distance, font apparaître miraculeusement la lumière, son inclinaison, sa force ou sa légèreté selon l’endroit ou l’heure. Cette technique qu’il explore, qu’il continue à travailler depuis plus de trente ans avec infinies patience et détermination convient particulièrement bien à la représentation des perspectives, des volumes et des surfaces.

 

C’est donc tout naturellement notre ville qui lui offre matière, chaque jour, au sortir de son domicile de la rue Nationale, à appliquer sa façon très particulière. Et grâce à cela Lectoure nous apparaît ici étrangement, en noir et blanc et pourtant si riche de nuances, multiple et pourtant rassemblée dans ses remparts, témoin martyrisée d’une Histoire effrayante si l’on y regarde et pourtant devenue aujourd’hui pour beaucoup refuge un peu à l’écart du monde, ville que nous voudrions éternelle et que nous savons si fragile : monuments dressés sur fond de ciel lumineux, petites ruelles dans la pénombre, détails piquants ici,

charmants désordres là… le travail de Bernard Comte est une somme unique de représentation de la valeur du patrimoine de la cité d’Armagnac. Les vieilles pierres sont belles et romantiques. Mais elles savent surtout très bien raconter l’histoire des gens d’ici. Oui, les dessins de Bernard Comte témoignent d’un millénaire de batailles, de savoir-faire de bâtisseurs et d’artisans, de foi et de légendes. Une œuvre graphique n’est pas uniquement esthétique ou décorative: elle est l’image d’une époque, une source d’informations et de réflexion pour l’avenir.

 

Enfin l’esprit. Bernard Comte ne dessine que ce qu’il voit. C’est tout ? Oui, mais c’est essentiel. Et c’est là que réside la magie. Dans une époque où le virtuel et le clinquant défilent sous nos yeux à la vitesse du tweet, ces dessins sont simples, naturels et vrais, vrais comme la vie des gens d’ici. Il n’y a pas de nostalgie car nous savons aussi reconnaître la créativité, la beauté dans l’abstraction, dans l’art électronique, que sais-je… Au contraire, par contraste - encore le noir et blanc - les dessins de Bernard Comte sont un nécessaire complément, un équilibre pour notre regard sur le monde. Certains artistes nous propulsent dans de nouveaux univers. Bernard Comte lui, nous parle de nos racines.

 

                                                                              ALINEAS

 

PS. Le tome 2 des dessins de Bernard COMTE, consacré aux communes du canton de Lectoure est sous presse...

 

Maison de vigne - Route de Tané

 

Salle de Combarrau

 

Pigeonnier, aujourd'hui disparu - Domaine de Bacqué

 

Maison forte - Rue de Marès

 

Ponceau du couvent des carmélites - Rue Soulès

 

Le clocher, l'hôtel de ville et la terrasse de la piscine - Panorama sud

 

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Rédigé par ALINEAS

Publié dans #Beaux arts

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